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Yves Magnin, pas si fou

Mercredi 06/04/2011 | Post� par Richard Etienne

“La politique, dit-il, c’est comme le sport. Il faut se donner à 100%.”

“Je ne suis pas bavard mais pas avare de mes mots.” Voilà ce que répond le PDC Yves Magnin quand on lui demande si sa réputation de bavard est fondée. Quand on l’interroge sur ses origines, il dit: “Je suis un faux Vaudois, un vrai Genevois d’adoption et un amoureux de Vernier.” Et lorsque le journaliste Pascal Décaillet lui demande par trois fois (sur Léman Bleu deux fois et sur One fm) s’il est fou, il rétorque à trois reprises: “Absolument pas.” Il est simplement Verniolan. On y reviendra.

Mais auparavant, pour bien saisir le personnage, peut-être faut-il commencer plus tôt. Par exemple en 1977, quand l’athlète de 17 ans, qui s’entraîne six fois par semaine, devient champion suisse de basketball avec l’équipe du Lignon, en ligue nationale B. Quelques années plus tard, il évolue en ligue A et participe aux championnats d’Europe. Aujourd’hui, celui qui admet avoir grossi foule encore les parquets de temps à autre. Sa passion est intact comme le suggèrent la photo de son
profil Facebook, ses activités - “je préside la commission des licences pour le basket” - et, sur son bureau, des photos d’enfants participant à la course l’Escalade. “J’ai transmis à mes deux fils ma passion pour le sport. Ils courent, ils font du judo et jouent au football.” Yves Magnin continue: “Sans mes deux à trois entraînements par semaine, je suis mal.” Cette après-midi, il paraît requinqué: “Je suis allé au fitness à midi.”

Ce qui lui permet de bien travailler. L’ancien étudiant en droit a commencé par trois années de stage à la rue Ferdinand-Hodler, avant de s’associer avec un ami à la rue du Purgatoire, 300 mètres plus loin, puis de continuer en 1994, toujours à son compte, à la rue de la Rôtisserie, 100 mètres plus loin. Le centre-ville, il connaît. Mais son cœur est verniolan: “Ma femme est de Vernier et j’habite près du cycle du Renard.”

L’amoureux poursuit: “Je fais de la politique comme du sport, à 100%.” Le membre du Conseil municipal depuis 1999, deux fois président dont cette année, se lève chaque matin à 6h30 et se couche après minuit. Et les journées sont remplies, auprès des basketteurs notamment: “Structurer le sport pour que son potentiel social atteigne les jeunes qui ne font rien, voilà ce que je fais.” L’équipe de
Vernier Basket, qui évolue en LNB, est composée presque exclusivement de jeunes joueurs. “Une très bonne vitrine auprès des autres jeunes.” Un travail de fond plus important que de serrer des mains, dit-il. Il avoue ne pas avoir le temps de faire campagne comme d’autres.

D’où peut-être l’échec des démocrates-chrétiens aux dernières municipales: aucun siège de glané (le parti en défendait quatre), même pas celui du président. “
Une catastrophe”, confie-t-il à la Tribune de Genève à l’issue des résultats. “Peut-être aurait-il fallu davantage serrer des mains.” Mais une pizza, quelques alliances insolites, des calculs, une soirée carnotzet plus tard et le voilà ragaillardi. Le 21 mars, Vernier apprend que le PDC proposera … deux candidats à à la mairie, dont Yves Magnin. “Une outrecuidance”, selon le libéral Pierre Ronget. D’autres disent: une folie. Yves Magnin, 51 ans, ne quittera en aucune cas la scène politique. “Je suis président de la commission judiciaire du PDC et le parti va tout faire pour revenir au Conseil municipal de Vernier.”

Il aura donc tout juste le temps de s’adonner à l’un de ses loisirs favoris: “Je suis un fou de pêche.” Voilà pourquoi il s’est attelé à restaurer puis renaturer les rives du nant de la Noir, cet affluent du Rhône autrefois déshérité. “On n’en a jamais parlé car c’est une belle chose.” L’échec du 13 mars, il l’attribue également aux médias. “Eux couvrent Vernier seulement quand les nouvelles sont mauvaises. Dommage pour le PDC qui a fait tant de belles choses.”

Voilà aussi pourquoi Yves Magnin se porte candidat. “Mon parti représente ce qu’il reste de l’Entente. Il n’a plus de siège au municipal, mais avec les alliances insolites qui se sont formées depuis le 13 mars [un radical s’est rapproché de l’UDC et du MCG; un libéral de la gauche], les électeurs votant au centre sont perdus.” Or ces derniers représentent plus de 18% des voix, un bastion qui pourrait se prononcer en faveur de ceux “qui ont su garder une ligne politique claire”. Le calculateur n’est donc “absolument pas fou” ou, du moins, pas plus que les autres candidats verniolans. Le PDC surprendra-t-il le 17 avril cette commune si souvent présentée comme un laboratoire? En attendant, un exemplaire du journal satirique
Vigousse trône sur le bureau d’Yves Magnin. “J’aime rire, conclut-il. Faire de la politique c’est bien. Rire aussi.”

17 avril 2011: portraits des candidats à l'élection au Conseil administratif
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Richard Etienne -

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Réactions des internautes

Anonyme
Jeudi 7 Avril 2011, 15:38
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pas mal...! et bone chance pr le 17.04.11
amitiés  samy

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