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Yvan Rochat, engagement et pragmatisme

Vendredi 08/04/2011 | Post� par SD

Le candidat vert brigue un deuxième mandat à la Mairie de Vernier

Les fenêtres tremblent. Un grondement sourd nous oblige une nouvelle fois à interrompre notre conversation. Un gros porteur s’arrache difficilement du tarmac de Cointrin et survole Vernier-village à basse altitude. Assis dans un coin de bureau austère de la Mairie de Vernier, je regarde en silence une affiche qui barre le mur d’en face : « Marre de ce parfum de kérosène ? » Pendant le théâtre d’été, les acteurs doivent effectuer « une intégration artistique du bruit » pendant leurs performances, glisse Yvan Rochat, fataliste. Un combat de plus pour l’élu vert, dans une ville qui n’est pas épargnée par les défis relatifs au bien-être ou à l’écologie.

Après cette pause forcée, sans fioritures artistiques, Yvan Rochat continue à dérouler le fil de son discours et de son existence. Les informations sortent dans le désordre, au gré des associations d’idées. Les idées, Yvan Rochat, natif de Meyrin, aime les brasser depuis son plus jeune âge. A sa manière, en dilettante et avec une curiosité naturelle.

Il évoque les années 80. C’est l’époque du Touche pas à mon pote de SOS racisme en France. En Suisse, au même moment, les lois sur l’asile commencent à se durcir. Il s’engage, pour la première fois, afin de contrer cette tendance, « sans être encarté, en amateur. » Puis vient le temps des premières classes militaires, en 87. Il y rencontre des officiers plus préoccupés par leur carrière que par la sauvegarde du territoire national. Presqu’à la même époque, le GSSA fait aboutir l’initiative « Pour une Suisse sans armée et une politique globale de paix ». « Il y a eu de grandes manifs. Puis 70% de la population s’est déplacée pour voter », se remémore Yvan Rochat. « L’institution en sort ébranlée. Juste avant les résultats (positifs à Genève et dans le Jura ndlr) le mur de Berlin tombe. S’ouvre alors la perspective de transformation du monde de nos parents, d’un monde que l’on pensait inamovible », analyse l’élu verniolan. Peu après, il refuse de faire ses cours de répétition. Il quitte l’armée, devient objecteur de conscience. Suivra une peine de prison de 3 mois effectuée à Riant-Parc en 1991. Il est libre la journée mais passe ses nuits et ses weekends enfermé. « Ce n’était pas traumatisant, on avait quand même des conditions de détention très favorables », tempère-t-il.

Entretemps, il étudie l’histoire. « J’étais fasciné par les récits télévisés d’Alain Bombard, liés aux grandes découvertes maritimes. » Mais il décide de bifurquer, au bout de 4 ans tout de même, vers les Sciences politiques. « C’était la seule licence qui pouvait se faire en 3 ans » souligne-t-il sans se déprendre de son sérieux. Il travaille ensuite dans la formation pour adultes, notamment auprès de l’Université ouvrière de Genève (UOG), de l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) et de l’école Français pour tous. Il quittera ses fonctions professionnelles après son élection en 2007.

Son entrée en politique intervient tardivement. « Je me suis rendu à une AG des Socialistes, puis à une AG des Verts. La notion de solidarité me tenait à cœur. J’ai réalisé que j’aurai plus de marge de manœuvre chez les Verts, qu’il y avait chez eux la possibilité d’une réflexion globale, moins corsetée par l’institution. » Et de citer deux exemples illustrant le pragmatisme vert, « proche des faits » contre un certain dogmatisme socialiste, qui « peut éloigner des réalités. » Il adhère aux Verts en 2006. Il a alors 39 ans. Quatre ans plus tard, il sera nommé Président de la section genevoise. Après être entré au Conseil municipal de Vernier pour remplacer un conseiller vert, il accède au poste de Conseiller administratif en 2007. De son premier mandat, « une chance et un honneur », il retiendra « quatre années passionnantes. » Pour les satisfecits il évoque  la mise en place d’une approche de la mobilité douce prenant en compte l’aspect social via la création d’un fonds pour la mobilité. Il mentionne ensuite les efforts faits au sein de l’administration verniolane en vue de la réduction de son impact environnemental. Au final, Vernier est aujourd’hui la première ville du canton à obtenir le Label ‘Gold’ de la Cité de l’énergie. Il reste bien sûr des défis. Pour les réaliser, il faudra « améliorer la communication entre Vernier et le canton. » Il insiste sur l’importance de faire sortir de terre le projet de l’étang qui générerait 4000 emplois et un millier de logements. « Ce serait le point de départ d’une restructuration territoriale et administrative de Vernier », souligne-t-il. Après une phase de planification de 3 ans, les travaux pourraient débuter après 2015.

Je pose une dernière question concernant la présence des Libéraux sur la liste 4, aux côtés des Verts et des Socialistes. Il répond : « Le candidat libéral a de grandes qualités intellectuelles, humaines et un souci du fonctionnement démocratique des institutions. De plus, les Libéraux verniolans ont su s’éloigner de la doxa libérale pour prendre en compte les problématiques sociales de Vernier. » Pragmatique, toujours.

La conversation se termine. Nous sortons de la Mairie afin de faire une photo. Il désigne du doigt le chantier de la future crèche. « C’est l’avenir. Allons-y ! »

17 avril 2011: portraits des candidats à l'élection au Conseil administratif


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