Vernier et Genève: l’automne de l’art contemporain
Jeudi 13/10/2011 | Post� par Aude
Ou l’art et/ou la bière considérés comme marqueurs sociaux
Ce printemps, Vernier, comme Genève, a apporté un renouveau dans sa politique culturelle. Après avoir habilement et largement communiqué autour du nouveau Centre Culturel et Sportif des Libellules le très populiste Thierry Cerutti devait laisser sa place à un contradicteur : le très cultivé et retenu Pierre Ronget. A Genève et au même moment, le très controversé et bouillonnant Patrice Mugny cédait sa place au très réfléchi Sami Kanaan, spécialiste, entre autres, de l’évaluation des institutions.
Les deux villes ont largement soutenu, en partenariat avec d'autres institutions et associations, la 1ère Biennale des Arts contemporains des Libellules (BAL). Par ce biais de nombreux habitants de la commune ont pu investir bénévolement leur énergie et leur créativité aux côtés de représentants de la jeune création du bout du lac et d’ailleurs.
Sur le continent européen, le soutien des politiques publiques dans ce genre de manifestations est considéré généralement comme acquis. Aujourd’hui classique, l'art dans l'espace public doit tout aux grands mouvements artistiques du 20ème siècle. Dès le début du siècle dernier, beaucoup d'artistes ont revendiqué un art hors des ateliers, des musées ou des galeries et donc en prise directe avec la vie. Malgré l'ancienneté de ces postures, l’art contemporain continue à supporter vaillamment les enthousiasmes et les rancœurs, l'envie ou les attaques des sociétés qui l’ont inventé. On peut parler aussi de l'indifférence que lui témoignent de nombreux citoyens qui tentent de même d'ignorer le politique. Pourtant tous les acteurs de la culture semblent espérer un succès sans failles de leurs manifestations. Mais ils craignent aussi souvent l’envahissement de leurs projets par un public trop populaire comme la venue d'amateurs trop critiques et exigeants à leur goût.
Conviée à point nommé à un forum de Genève Active au Théâtre du Grütli au centre-ville, j'attendais avec impatience les déclarations de plusieurs directeurs et responsables culturels romands afin d'apporter quelques éclaircissements extérieurs à mon texte. Mon attente n'a pas été déçue et, sans surprise, un des partis-pris de la discussion a tourné autour du clivage rebattu des 'publics populaires' opposés aux 'publics cultivés' . Au pic de cette (non-)discussion un ancien directeur d'institution publique n'a pas manqué de pourfendre la mise en place pourtant largement attendue au bout du lac d'une 'Nuit blanche des musées'. Reprenant certaines remarques de M. Kanaan sur les publics, ce directeur en profite aussi pour décrire d'une façon caricaturale des 'buveurs de bière' qui n'auraient rien à faire, selon lui, en pleine nuit devant les oeuvres ou chefs-d'oeuvres exposés dans nos musées.
Il est pourtant bien question d'utiliser les deniers publics pour une population dans son ensemble me rappelait dans le bus une habitante des Libellules qui pestait et exprimait son incompréhension face à la MAC11, Manifestation pour l'Art Contemporain organisé tous les deux ans par la Ville de Genève et dont la Biennale des Libellules fait partie. Cette habitante répondait peut-être aux critères relevés par les sociologues français quand ils parlent avec compétence de la notion de 'non-publics', typologie largement utilisées par nos voisins lorsqu'il s'agit d'approcher les publics potentiels.
Il serait heureux de voir les responsables de projets culturels publics s'emparer de ces approches car une rapide recherche sur la toile permet de voir que les structures romandes n'ont pas adopté cette nomenclature. Il serait temps dans notre pays qui compte près de 800'000 illettrés de permettre à tout un chacun de former son goût et de s'approprier des connaissances dans le cadre promis par la loi cantonale sur l'encouragement de la culture. Si l'on en croit M. Sami Kanaan, la culture se déclinera dans l'avenir au sein de territoires et de régions telles l'arc lémanique ou la région franco-valdo-genevoise et il doit donc être envisageable d'abandonner nos vieux discours sur la culture distinguée afin de développer un vocabulaire plus contemporain destiné à s'occuper de populations variées, et c'est d'ailleurs à celles-ci que ce blog est dédié.
Pour cela, j'ai même trouvé au milieu des mille initiatives de nos voisins, un lexique du développement culturel, le stade du b.a.ba en quelque sorte, que l'on aimerait voir maîtrisé par les directeurs de certaines institutions culturelles à vocation locale ou internationale qui, s'ils travaillent dans des institutions publiques ont bien choisi de s'intéresser à tous. On n'imaginerait pas l'hôpital public, même par ces temps de restrictions budgétaires, refuser dans ses services - par choix institutionnel - les buveurs de bière. Quoi que... (?)
Conviée à point nommé à un forum de Genève Active au Théâtre du Grütli au centre-ville, j'attendais avec impatience les déclarations de plusieurs directeurs et responsables culturels romands afin d'apporter quelques éclaircissements extérieurs à mon texte. Mon attente n'a pas été déçue et, sans surprise, un des partis-pris de la discussion a tourné autour du clivage rebattu des 'publics populaires' opposés aux 'publics cultivés' . Au pic de cette (non-)discussion un ancien directeur d'institution publique n'a pas manqué de pourfendre la mise en place pourtant largement attendue au bout du lac d'une 'Nuit blanche des musées'. Reprenant certaines remarques de M. Kanaan sur les publics, ce directeur en profite aussi pour décrire d'une façon caricaturale des 'buveurs de bière' qui n'auraient rien à faire, selon lui, en pleine nuit devant les oeuvres ou chefs-d'oeuvres exposés dans nos musées.
Il est pourtant bien question d'utiliser les deniers publics pour une population dans son ensemble me rappelait dans le bus une habitante des Libellules qui pestait et exprimait son incompréhension face à la MAC11, Manifestation pour l'Art Contemporain organisé tous les deux ans par la Ville de Genève et dont la Biennale des Libellules fait partie. Cette habitante répondait peut-être aux critères relevés par les sociologues français quand ils parlent avec compétence de la notion de 'non-publics', typologie largement utilisées par nos voisins lorsqu'il s'agit d'approcher les publics potentiels.
Il serait heureux de voir les responsables de projets culturels publics s'emparer de ces approches car une rapide recherche sur la toile permet de voir que les structures romandes n'ont pas adopté cette nomenclature. Il serait temps dans notre pays qui compte près de 800'000 illettrés de permettre à tout un chacun de former son goût et de s'approprier des connaissances dans le cadre promis par la loi cantonale sur l'encouragement de la culture. Si l'on en croit M. Sami Kanaan, la culture se déclinera dans l'avenir au sein de territoires et de régions telles l'arc lémanique ou la région franco-valdo-genevoise et il doit donc être envisageable d'abandonner nos vieux discours sur la culture distinguée afin de développer un vocabulaire plus contemporain destiné à s'occuper de populations variées, et c'est d'ailleurs à celles-ci que ce blog est dédié.
Pour cela, j'ai même trouvé au milieu des mille initiatives de nos voisins, un lexique du développement culturel, le stade du b.a.ba en quelque sorte, que l'on aimerait voir maîtrisé par les directeurs de certaines institutions culturelles à vocation locale ou internationale qui, s'ils travaillent dans des institutions publiques ont bien choisi de s'intéresser à tous. On n'imaginerait pas l'hôpital public, même par ces temps de restrictions budgétaires, refuser dans ses services - par choix institutionnel - les buveurs de bière. Quoi que... (?)
Mots-clés : culture, politique, BAL, MAC11, territoires
Aude -
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Par bricoltrain