Thierry Cerutti, séducteur hyperactif
Dimanche 10/04/2011 | Post� par SD
Pour un deuxième mandat, le candidat MCG s'est plongé corps et âme dans sa campagne
Terrasse du café Paradox, les Avanchets. Installé confortablement, je regarde l’animation de ce quartier populaire. Rastas et punks se mêlent gentiment à quelques encablures du café. L'intérieur résonne d'un brouhaha polyglotte. C’est l’heure de l’apéritif. Thierry Cerutti arrive au pas de course, une pile de tracts sous le bras. Le bar se fait soudainement silencieux. Il salue tout le monde, répond à la serveuse en espagnol, l’interpelle d’un mot amical, pose une pile de tracts sur le coin du comptoir, revient à la table et commande un porto. Il n’attend pas la première question pour entamer la conversation. Le débit est rapide, exalté.« Vous avez vu ma Smart campagne ? C’est jeune, dynamique, élégant, imaginatif. Comme la vie ! » Il poursuit : « Hier, j’ai fini à 4 heures du matin. J’ai fait tout Vernier. J’ai rattaqué à 8 heures. » S’il parcourt lui-même les quartiers, avec quelques partisans, ce n’est pas seulement à cause du manque de moyens. « J’aime la notion de leader engagé, mettre les mains dans la gadoue. Les autres sont aux abonnés absents. Pour être efficace et cohérent il faut être au courant de ce qu’il se passe dans la rue », explique-t-il. Il ajoute : « La politique ça se fait autour d’une table, dans les bistrots. Il faut sentir ce qui se passe. » Son téléphone mobile sonne de nouveau. Il répond. En anglais.
Car le natif des Coquelicots, qui a fait son école primaire à Vernier-village, passé son adolescence aux Avanchets, fait son apprentissage en tant qu’employé de commerce au Lignon et enfin son Ecole de commerce à Châtelaine, est un globe-trotter. Né en 1970, il s’envole à 18 ans pour les Etats-Unis, où il sera garçon au pair. « Atypique, non ? » tient-il à souligner. Il y reste un an et demi, avant d’aller en Allemagne. Il dit aimer voyager sac au dos, au contact des gens. Il finira par épouser une Bulgare. En 1993, il s’engage dans la gendarmerie, avec la volonté de « défendre la veuve et l’orphelin. »
Lors d’un repas de famille, la discussion tourne autour de la pénurie de logements. Claude Jeanneret (le grand-père de sa nièce ndlr), lui signale la création d’un nouveau parti, le MCG. Nous sommes en 2005. Alors membre du Comité de l’UPCP (syndicat de police), Thierry Cerutti se lance dans la campagne. « Nous avions fait des actions-chocs. Les troupeaux de moutons dans la rue qui se faisaient tondre, les brigades anti-PV… C’était une belle campagne », décrit-il, nostalgique. Puis il évoque 2007 et la campagne pour le Conseil administratif verniolan. « Je n’avais pas vraiment envie de me présenter. Mais c’est devenu un combat gauche-droite caricatural. J’ai eu envie d’incarner une alternative. » Il ne revient pas sur les circonstances difficiles de son élection et préfère ajouter : « Les deux autres [conseillers administratifs] étaient plus expérimentés que moi. J’ai fait profil bas. J’ai relu les dossiers, un à un, afin de me mettre à jour. A un moment, mon médecin m’a dit de lever le pied », plaisante-t-il. Il en profite pour régler quelques comptes : « J’ai voulu mettre en place une convention de collégialité, une sorte de pacte de non-agression. Mes collègues ont refusé. De plus, ils faisaient de la rétention d’informations sur certains dossiers. » Le candidat Cerutti se dit « pas rancunier », « sincère ». Sa présence physique imposante passe par le contact. J’aime « voir, toucher, sentir ». Il semble souffrir du rejet de certains milieux : « Mon image de gendarme passe mal chez les jeunes, et les profs et les TSHM font campagne contre moi. C’est inadmissible ! » Il s’emporte, pour la première fois. Les taux d’abstention records laissent pantois ce candidat hyperactif : « C’est dur de bouger les gens. »
Un mot revient souvent dans la bouche du seul candidat à disposer d’une page Wikipédia lorsqu’il évoque son action politique. « Je donne des impulsions aux projets », affirme-t-il. Il énumère : la renaissance du festival Vernier sur Rock, Ikéa… Il tient à ce qu’on le juge sur ses actes. « Le vote MCG n’est pas simplement un vote contestataire. Nous sommes force de proposition ». Et d’évoquer son bilan : « La renaissance de la promotion économique qui a dynamisé les partenariats entre le public et le privé, la multiplication des activités sportives et culturelles, ma bonne gestion des finances publiques. » Ses priorités sont les jeunes, les familles, les aînés. Il devient lyrique : « Les familles, c’est le cœur, la passion, le moteur de vie; les aînés, le cerveau, la sagesse, la mémoire; les jeunes, l’avenir, la force de demain, le moteur... »
Les grands chantiers pour l’avenir de Vernier ? « Tout d’abord, il faudra partir sur de bonnes bases, mettre les choses à plat si le même Conseil administratif est reconduit. Avoir un langage clair et franc. Finalement, nos divergences ne sont pas profondes. On a souvent la même vision. Mes collègues reprennent certaines de mes initiatives. » Il cite comme exemple « l’idée des zones bleues à macaron, reprise par Yvan Rochat ». Il insiste ensuite sur l’importance de « développer les familles d’accueil », qui représentent « une alternative moins onéreuse que les crèches », puis martèle : « Thierry Apothéloz a repris cela à son compte ». Il termine : « Donner de vraies opportunités aux jeunes en terme d’emploi et de perspectives d’avenir, assurer aux aînés et aux Verniolans des logements, la sécurité et des loisirs ».
Pour cela, lui qui a pris 3 semaines de congés fait campagne « comme s’[il] était un inconnu, comme au premier jour. »
Mots-clés : portrait, politique, Cerutti, Vernier, mairie, élection
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Par bricoltrain