Notes sur le territoire, épisode 1.
Mardi 24/01/2012 | Post� par Aude
Une dame au petit chien
Sous forme de carnet de recherche écrit et visuel, voici la première 'note sur le territoire' que je me suis proposée de rédiger sur des faits quotidiens. Adoptant une forme documentaire, ces remarques accompagnent ma recherche pratique et théorique sur l'Art et l'espace public. Cette recherche se déroule sur le territoire de la Ville de Vernier, de janvier à mai 2012, en accord avec le Service culturel de la commune. L'espace ouvert, public, est mis à mal, dit-on, par la marchandisation et l'esprit sécuritaire actuel, ce qui joue peut-être contre notre liberté. Plusieurs fois par mois, je descends jusqu'à Marseille, on y trouve un programme de formation intéressant. Ici, en Suisse, contrairement à de nombreux pays occidentaux, on ne peut pas encore faire de la recherche universitaire sur la pratique et les théories de l'art.
C'est dimanche... Le 15 janvier 2012. Je débute la rédaction de ce carnet. Je remonte la rue du Village puis la redescend. Une affiche annonçant la démarche du "Projet stratégique de développement PSD Tête GVA - Casaï - Aéroport" ravive chez moi les souvenirs du débat lancé par l'association 'Le Pic-Vert' dont le site informe avec précision ses membres, propriétaires de villas. Par associations d'idées, je songe aussitôt au Conseiller d'Etat Mark Muller, en charge des constructions et à sa vie nocturne mouvementée.
Puis la place de l'École: une dame et son chien. Depuis l'auvent on l' interpelle. Trois femmes entrent 'chez Oscar' car il y a un thé dansant à 16 heures le dimanche. Je les entends dire entre elles, suffisamment haut pour que je l'entende : "Ici ce n'est pas snob..."'. Un homme, assis non loin me salue avec insistance.
Je poursuis vers le du village. Je désire passer aux Tattes, ces anciens bâtiments des saisonniers reconvertis en centre pour les réfugiés. Il fait froid, une ou deux fenêtres sont ouvertes: une musique africaine rythmée et des rires s'en échappent. Je contourne le bâtiment. Pas de balcons. Je constate qu'il y a une belle place de jeux pour enfants. Une pensée furtive pour le film 'Vol spécial' de Fernand Melgar. La politique d'immigration en Suisse, comme en Europe, se durcit. Un champ, des pylônes, la France.
Un chemin contourne la parcelle et me conduit à la passerelle des Tattes. Je n'y suis jamais allée. Je surplombe l'autoroute indifférente, il fait nuit presque.
Je suis aussi passée près de l'École allemande, j'ai photographié les esplanades et j'ai encore foulé l'herbe du vieux parc du service culturel: on y voit vraiment bien le quartier du Lignon, au loin, mais c'est la même commune.
Bu un thé. Il fait froid. A part l'autoroute, les espaces urbains sont presque déserts. J'ai d'autres photos mais je les garde, encore. Ensuite, je verrai... chacune parle des 'autres', ceux que j'aimerais rencontrer.
(à suivre...)
Mots-clés : note de recherche, territoire, art et espace public
Aude -


Commenter l'article


Par bricoltrain