Maison de Quartier des Libellules : une histoire qui s’écrit à plusieurs
Mercredi 17/11/2010 | Post� par SD
Rencontre des animateurs
Cinq ans de gestation. Et la Maison de Quartier des Libellules est née. Son histoire commence en 2005 lors des Ateliers de l’avenir. Les habitants font alors six vœux pour dynamiser leur quartier. La Maison de Quartier était le dernier d’entre eux. Il s’est réalisé le 1er septembre 2010 lorsque les deux petits génies du lieu, Isabelle Lamm et Joseph Minniti –épaulés par des moniteurs- ont commencé leur patient et passionnant travail. Nous les avons rencontré.
Isabelle : Lorsque nous sommes arrivés, début septembre, il n’y avait que les murs. Et la cuisine. Ces grands murs blancs… Comme une page blanche sur laquelle l’histoire de la maison était à écrire. C’est vraiment stimulant de commencer ainsi une aventure…
A quoi sert une maison de quartier ?
Joseph : c’est avant tout un lieu ouvert. Son caractère public facilite les rencontres et les échanges dans un cadre non contraignant où s'appliquent toutefois des règles permettant de fonctionner en collectivité. C’est donc un lieu précieux. Les parents peuvent venir avec leurs enfants, ce qui serait, par exemple, plus difficile dans un bistrot où la consommation est de mise. Les visiteurs se sentent vraiment libres et à l’aise, dans un cadre convivial.
Isabelle : c’est un endroit où l’on crée du lien. On peut y relayer des besoins, mettre en contact certaines personnes. C’est un très bon terreau.
Vous re-créez du lien parfois, un lien perdu ou distendu…
Isabelle : cela s’est produit dès l’ouverture. On a vu des gens se reparler, se côtoyer de nouveau alors qu’avant ils s’évitaient soigneusement. Notre statut, celui de travailleurs professionnels –Isabelle et Joseph sont animateurs socioculturels ndlr- nous place dans une position de neutralité. Nous accueillons évidemment tout le monde, sans distinction. Cela fait tomber des barrières.
Joseph : la maison est un élément catalyseur qui permet de créer une dynamique dans le quartier. Nous sommes le liant qui va permettre la mise en œuvre de la créativité des habitants. Nous proposons bien sûr des activités, mais nous accueillons les propositions extérieures, voire nous les provoquons.
Y avait-il un véritable besoin aux Libellules ?
Joseph : sans aucun doute. Ce besoin s’est exprimé, en creux, par l’afflux de demandes de la part des habitants dès l’ouverture de la Maison de Quartier, notamment pour les activités ou la prise en charge des enfants.
Isabelle : les gens ont le droit de nous confier leurs enfants à partir de quatre ans. Mais il y a beaucoup d’enfants plus petits qui viennent avec leurs parents, et qui restent là avec eux. Je n’ai jamais vécu cela ailleurs. Tout ce petit monde se côtoie avec beaucoup de plaisir. Les parents discutent entre eux et boivent un thé pendant que leurs bambins jouent. Cet endroit devait donc être inventé !
Votre rôle est assez ouvert et pluriel
Joseph : il y a plusieurs couleurs sur la palette de l’animateur. Notre dénomination est socioculturelle. On pourra proposer des spectacles, des concerts, des expositions… Une dimension de projet en perpétuel mouvement émanant des habitants.
Isabelle : d’ailleurs, en six semaines, nous avons réussi à mettre en place une soirée d’inauguration riche et variée grâce à la force de proposition des habitants… L’autre aspect, social, qui n’est pas si éloigné d’ailleurs, est aussi très présent. Nous sommes bien sûr des oreilles attentives.
Quelle est la journée type d’un animateur ?
Isabelle : Il n’y a pas de routine. Les journées ne se ressemblent jamais. Je vais donc plutôt raconter une anecdote. Il y a quelques jours, on a décidé de faire une tarte aux pommes. Au moment du goûter toutes les générations –le plus jeune avait deux ans, le plus âgé 86- et de nombreuses nationalités étaient représentées. C’est pour moi un assez joli résumé de ce que peut être cette maison de quartier
Joseph : un bel instantané.
Racontez-nous votre parcours…
Isabelle : je suis libraire à l’origine. Il y a 29 ans, j’ai fait un remplacement d’un mois dans une maison de quartier, à Thônex. Je ne suis plus jamais partie. J’y ai passé sept ans, puis dix au Grand Lancy et douze à Champel. Pendant toutes ces années j’ai continué à me former et j’ai passé une demi-licence en Sciences de l’éducation. Le métier est extraordinaire de par la liberté et la créativité qu’il induit. Pour Vernier, j’ai mon dentiste depuis 10 ans aux Libellules mais je connaissais finalement très peu le quartier. Certains ont voulu me décourager d’y venir mais je ne regrette absolument pas. La générosité, la spontanéité des habitants me réjouissent.
Joseph : notre rôle éducatif se résume à un vivre ensemble. Il n’est pas directif. C’est une éducation discrète…Quant à moi, je suis arrivé à Genève en 1997 et j’ai commencé comme moniteur à la Maison de Quartier de la Jonction pendant quatre ans, puis au Centre de loisirs de Carouge pendant 9 ans, comme animateur. J’ai à cette occasion passé mon diplôme à l’Ecole sociale.
Quelles orientations voulez-vous donner à la Maison de Quartier ?
Ensemble : on laisse venir
Isabelle : Ce sont surtout les habitants qui transformeront la maison…
Joseph : Nous avons aussi activé les réseaux locaux et régionaux, nous tissons des liens avec les écoles et les associations, nous favorisons les partenariats… Et il y a du répondant. Cela va aboutir sur des actions concrètes.
Isabelle : par exemple, nous élaborons un projet avec Yves Moser, l’éducateur de l’école des Libellules pour mettre en place des cours de français pour les adultes non francophones…
Joseph : les TSHM nous apportent aussi des idées et du soutien. On sait que l’on peut compter sur d’autres travailleurs sociaux. C’est réconfortant et encourageant.
Quels sont vos besoins aujourd’hui ?
Isabelle : De l’amour…
Joseph : Du soleil… (rires)
On a atteint nos objectifs pour l’équipement de la maison. Nous attendons maintenant son essor, du partenariat et la participation active des habitants… On a déjà de beaux projets pour la fête de l’Escalade et pour Noël… A suivre !
SD -
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Par bricoltrain