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Les citernes de la discorde

Mardi 22/03/2011 | Post� par Richard Etienne

Le point sur cette longue histoire

Depuis qu’un journaliste de 20 Minutes a pu entrer illégalement dans un site de dépôt d’hydrocarbures, juste en face du nouvel Ikea de Vernier, des gardiens ont été recrutés. Trop tard, douze jours plus tard, l’UDC lançait une initiative en faveur de la suppression du site en question d’ici fin 2012. Le combat contre les citernes reprenait de plus belle. C’est une vieille histoire: elle refait régulièrement surface dans la commune, au gré des tensions et de l’actualité, depuis des temps immémoriaux.

Impossible de dire quand tout a commencé. Une émission de la TSR datant de 1986 traitait déjà de ces “volcans industriels que chacun souhaite ne jamais voir se réveiller”, alors qu’un petit avion a failli s’écraser sur l’un d’eux en 1975. Ernest Greiner, ancien conseiller municipal à Vernier, se souvient de “l’éternel débat autour des pétroliers”. Il évoque André Schmidlin, “peut-être le premier politicien à les avoir combattus”. Contacté au téléphone, l’intéressé confirme avoir milité, mais ignore s’il fut un pionnier. Ernest Greiner continue: “Chaque fois qu’un parti a utilisé les dépôts pétroliers comme argument de campagne, le feu repartait.”

L’UDC n’innove pas, elle qui a lancé son initiative six semaines avant les élections municipales. Et qui fragilise le consensus au sein du Conseil municipal, qui s’accordait sur un éventuel déplacement des citernes.
Désormais, l’UDC est soutenue par le MCG et le PDC, tandis que Verts, Libéraux et Socialistes rejettent cette “initiative impossible”. “Ce n’est pas en faisant des fausses promesses qu’on fait de la politique”, regrette le conseiller municipal libéral Pierre Ronget. Les pétroliers possèdent en effet des droits de superficie qui échoient en 2032. Ils sont renouvelables pour trente ans.

Le débat porte essentiellement sur la sécurité des Verniolans, eux qui sont toujours plus nombreux à habiter autour des 125 citernes. “On vit à côté d’une bombe”, craint l’UDC Stéphane Valente. Jean-Pierre Passerat, directeur de la société qui gère l’oléoduc transportant les hydrocarbures dans la commune, se veut rassurant: “Les normes de sécurité sont très élevées, les systèmes de prévention des accidents mis en place et les exercices de sécurité réguliers”. L’Histoire lui donne raison: le dernier incident date de presque 20 ans, quand en janvier 1992,
500'000 litres de kérosène ont failli se déverser dans le Rhône. Un récent rapport de l'organisation de l'économie suisse pour la protection de l'environnement, la sécurité et la santé au travail Eco Suisse juge les risques “acceptables”. Le canton de Genève l’a validé, ce qui provoque l’ire de l’UDC qui a interpellé le 8 mars le Conseil administratif verniolan "afin qu’il se positionne clairement pour demander à l’Etat l’arrêt immédiat de l’exploitation” du site décrié.

C’est qu’à Vernier on ne fait guère confiance au canton, “qui traite la commune comme sa poubelle” - sur ce point les autorités sont d’accord - et qui lui met des bâtons dans les roues. “Mark Muller [conseiller d'Etat chargé du Département des constructions et des technologies de l'information] a fait déménager une usine de ferraillage à l’endroit même où nous souhaitions déplacer les citernes”, regrette le maire de Vernier Yvan Rochat. La députée de l’UDC au Grand Conseil Christina Meissner est aussi mécontente, elle qui a envoyé il y a plus d’un mois une lettre demandant à la conseillère d’Etat chargée du Département de la sécurité Isabel Rochat d’organiser une table ronde sur le sujet. Elle n’a toujours pas reçu de réponse.

Quant aux pétroliers, ils sont également en colère, faute d’être consultés: “La dernière discussion avec les autorités politiques date de 2003, regrette Jurg Hornisberger, manager de Tamoil en Suisse. Elle fut très basique.” Philipe Cordonier, porte-parole de l’Union pétrolière suisse, renchérit: “Nous sommes comme une souris avec laquelle deux chats (Vernier et Genève) jouent. Les politiciens se chamaillent mais ils n’ont rien à dire, ce n’est pas chez eux. Un rapport du canton propose même de déplacer les dépôts, comme s’ils lui appartenaient. Pour qui se prennent ces politiciens?” Une table ronde, là aussi, est demandée. “On souhaite rappeler aux gens que nous étions là avant eux. Dans les années 1920, quand les premières cuves étaient construites, Vernier n’était qu’un pré.” La balle est donc dans le camp d’Isabel Rochat.

André Schmidlin n’y croit pas: “Si demain tous les Verniolans s’unissaient contre les pétroliers, ça ne servirait à rien. Le canton, qui s'accommode bien des citernes, si importantes pour l’économie, a les pleins pouvoirs et les terrains appartiennent souvent aux pétroliers, on ne peut pas les exproprier.” Il conclut: “Sur ces quarante dernières années, rien n’a changé. Sur les quarante prochaines années, rien ne changera non plus.” L’histoire continuera.

Dossiers: les pétroliers de Vernier
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Richard Etienne -

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Réactions des internautes

cmeissner
Mardi 22 Mars 2011, 09:14
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Bravo une fois de plus. Voir  mon blog http://leblogdezebulon.blog.tdg.ch/

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