Les baraques du Lignon : mémoire bien vivante de l’immigration (2/2)
Mercredi 02/03/2011 | Post� par Luca Di Stefano
La vague migratoire portugaise n'a jamais vraiment cessé. Elle varie en fonction de la conjoncture lusitanienne et de la demande dans le secteur du bâtiment.
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les migrations de travail en Suisse sont rythmées par une succession de vagues définies par les accords signés par la Confédération. Le premier est paraphé avec l’Italie en 1958, puis l’Espagne en 1961. A la suite des chocs pétroliers des années 1970, la France, destination européenne la plus prisée des Portugais, ferme ses frontières, réorientant l’émigration lusitanienne vers la Suisse.
Du saisonnier au travailleur détaché
Au sortir de la récession, la Confédération étend ses accords au Portugal, disposé à couvrir les besoins saisonniers de main d’œuvre peu qualifiée. Si le statut de saisonnier disparaît avec les accords de libre circulation des personnes (2002), une figure apparaît, le travailleur détaché, dont le projet de migratoire vise un retour rapide au pays.
« Depuis environ cinq ans, l’économie portugaise se porte mal. Les fonds structurels européens se sont taris et les systèmes éducatifs sont inadaptés au marché du travail, ce qui explique ces nouveaux flux vers la Suisse», analyse Antonio Da Cunha, professeur de Géographie à l’Université de Lausanne et Président de la Fédération des associations portugaises de Suisse. En revanche, les années ’90 – marquées notamment par une crise du secteur de la construction - ont connu une baisse temporaire du nombre de Portugais.
Avec 196'000 personnes établies de manière permanente sur le territoire suisse, la population portugaise se place au troisième rang des populations étrangères derrière les Italiens (env. 290'000) et les Allemands (env. 235'000). Le nombre des Portugais ayant un permis B ou L a fortement augmenté depuis 2002, année de l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation des personnes qui a facilité la migration de personnes issues des pays de l’UE. Entre 2007 et 2008, les flux migratoires en provenance du Portugal se sont accélérés avec l’arrivée de près de 14’000 personnes, soit une augmentation de presque 8 % de la population portugaise. Ce chiffre place les Portugais au deuxième rang des nouveaux flux migratoires, derrière les ressortissants allemands.
63% des Portugais habitent en Suisse romande. Vaud est le canton qui compte le plus grand nombre de résidents portugais (40'000), devant Genève (31'000) et Zurich (19'000).
Selon une étude de l’Office Fédéral des Migrations parue en 2010, les performances scolaires des enfants portugais demeurent modestes. Une situation imputable à trois facteurs : le bagage scolaire limité des parents, le nombre relativement important de jeunes nés au Portugal et scolarisés seulement partiellement dans le pays d’immigration, ainsi que l’orientation des familles vers le retour.
Huit années avant la stabilité
Malgré l’abolition du permis A de saisonnier, le permis L demeure toutefois un outil de contrôle sélectif des flux. Il est délivré uniquement aux travailleurs de l’Union européenne qui possèdent un contrat de travail, ne peut excéder 12 mois et le renouvellement se fait, cette fois-ci, sans l’obligation de quitter le pays. Après 30 mois de séjour, il devient un permis B. Le chemin vers un permis C d’établissement est encore long puisque le travailleur doit consentir à cinq années supplémentaires d’effort pour se voir attribuer une autorisation à validité indéterminée. Au total, près de huit années sont nécessaires pour obtenir un statut offrant les garanties de la stabilité.
Lire la premirère partie de ce reportage
Du saisonnier au travailleur détaché
Au sortir de la récession, la Confédération étend ses accords au Portugal, disposé à couvrir les besoins saisonniers de main d’œuvre peu qualifiée. Si le statut de saisonnier disparaît avec les accords de libre circulation des personnes (2002), une figure apparaît, le travailleur détaché, dont le projet de migratoire vise un retour rapide au pays.
« Depuis environ cinq ans, l’économie portugaise se porte mal. Les fonds structurels européens se sont taris et les systèmes éducatifs sont inadaptés au marché du travail, ce qui explique ces nouveaux flux vers la Suisse», analyse Antonio Da Cunha, professeur de Géographie à l’Université de Lausanne et Président de la Fédération des associations portugaises de Suisse. En revanche, les années ’90 – marquées notamment par une crise du secteur de la construction - ont connu une baisse temporaire du nombre de Portugais.
Avec 196'000 personnes établies de manière permanente sur le territoire suisse, la population portugaise se place au troisième rang des populations étrangères derrière les Italiens (env. 290'000) et les Allemands (env. 235'000). Le nombre des Portugais ayant un permis B ou L a fortement augmenté depuis 2002, année de l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation des personnes qui a facilité la migration de personnes issues des pays de l’UE. Entre 2007 et 2008, les flux migratoires en provenance du Portugal se sont accélérés avec l’arrivée de près de 14’000 personnes, soit une augmentation de presque 8 % de la population portugaise. Ce chiffre place les Portugais au deuxième rang des nouveaux flux migratoires, derrière les ressortissants allemands.
63% des Portugais habitent en Suisse romande. Vaud est le canton qui compte le plus grand nombre de résidents portugais (40'000), devant Genève (31'000) et Zurich (19'000).
Selon une étude de l’Office Fédéral des Migrations parue en 2010, les performances scolaires des enfants portugais demeurent modestes. Une situation imputable à trois facteurs : le bagage scolaire limité des parents, le nombre relativement important de jeunes nés au Portugal et scolarisés seulement partiellement dans le pays d’immigration, ainsi que l’orientation des familles vers le retour.
Huit années avant la stabilité
Malgré l’abolition du permis A de saisonnier, le permis L demeure toutefois un outil de contrôle sélectif des flux. Il est délivré uniquement aux travailleurs de l’Union européenne qui possèdent un contrat de travail, ne peut excéder 12 mois et le renouvellement se fait, cette fois-ci, sans l’obligation de quitter le pays. Après 30 mois de séjour, il devient un permis B. Le chemin vers un permis C d’établissement est encore long puisque le travailleur doit consentir à cinq années supplémentaires d’effort pour se voir attribuer une autorisation à validité indéterminée. Au total, près de huit années sont nécessaires pour obtenir un statut offrant les garanties de la stabilité.
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Mots-clés : Mars, Immigration, Portugal, Saisonniers
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Par bricoltrain