Les Avanchets, entre utopie et désenchantement. (2/3)
Jeudi 01/04/2010 | Post� par SD
Une histoire d'Avanchet-Parc
Deuxième partie de l’histoire des Avanchets. La première s’était focalisée sur la période allant de la conception du projet à sa réalisation. Ce volet explorera plus avant la dimension sociale de l'entreprise.
La crise du logement genevoise des années 60 ne peut être dissociée de son avatar social. La ‘loi sur l’expansion urbaine’ adoptée en 1957 incorpore d’ailleurs d’office cet aspect du problème. Si le Conseil d’Etat autorise alors la construction d’immeubles hors gabarit, il requiert des mesures compensatoires, parmi lesquelles la construction d’un pourcentage de logements subventionnés et le maintien du niveau des loyers pendant 10 ans. La même année, la deuxième loi HLM, initiée par le conseiller d'Etat Emile Dupont, ouvre les subventions étatiques -jusqu'alors réservées aux coopératives ou aux institutions sans but lucratif- aux constructeurs privés.
Car la pression sociale de fait sentir. 'Plus de 24000 citoyens signent une pétition de la gauche demandant au conseil d’Etat la création de 5000 logements sociaux.’ Dès 1969, le ‘plan-action logement’ du Conseil d’Etat se concentre sur la construction d’appartements HBM (habitations à bon marché), HLM (habitations à loyer modéré) et HCM (habitations pour la classe moyenne).
Dans ce contexte, Les Avanchets furent le résultat d’une convergence d’intérêts étonnante. On retrouve dans le projet des coopératives syndicales d’habitation, des organisations faîtières patronales et… syndicales, et des entreprises privées. De ce point de vue, grâce à cette entente cordiale inédite, la réalisation même de l’ensemble Avanchet-Parc relève du miracle. Un miracle qui entend se prolonger dans la réalisation des appartements.
Pour garantir une mixité sociale juste, pendant de la mosaïque d’intérêts des initiateurs, il est prévu que chaque logement, qu’il soit HLM, HCM ou loyer libre (2/3 des logements seront subventionnés) soit construit ‘exactement de la même façon.’ Les différences se nicheront dans les finitions intérieures de l’appartement. Mais tous auront la même isolation phonique et seront traversants. Quant à la taille, elle variera du studio au 7,5 pièces afin de mélanger les générations: jeunes ménages, familles ou retraités.
L’objectif est donc bien la ‘construction de logements sociaux d’avant-garde.’ Mais qualité rime avec coût et, même s’il est difficile de boucler le budget de ces HLM de luxe, selon l’expression d’Emile Dupont, les promoteurs vont de l’avant.
L’inauguration officielle a lieu le 19 juin 1973 sous les éloges presque unanimes. Mais la crise pétrolière va précipiter d'emblée la jeune cité dans une période conflictuelle.
(à suivre...)
SD -
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Par bricoltrain