La vie mouvementée des caddies du Lignon
Dimanche 20/03/2011 | Post� par Luca Di Stefano
Abandon, pillage, enlèvement : pas facile la vie d’un chariot
Pourtant elle l’aime bien ce médecin. Mais à chaque fois qu’il tente de lui proposer un déambulateur, elle lui lance un regard menaçant. « Jamais ! Pis j'ai lu chariot della Migro" », elle dit avec son accent italien en sortant du cabinet.
Elle n’aura donc jamais de déambulateur Giuseppina, 78 ans, quelques dizaines de kilos en trop, des chevilles aussi larges que des troncs et une peine folle à se déplacer. Elle préfère les chariots garés devant le centre commercial. Elle en prend un, s'en sert d'appui pour se déplacer. Puis le ramène, ou pas. Avant d'en retrouver d’autres au bas de son immeuble. Pour faire le chemin en sens inverse, peut-être.
Et pourtant, lorsqu’il sort de l’usine Wanzl en Alsace, le chariot est destiné à une vie débonnaire, faite de simples va-et-vient entre le parking et le supermarché. Moyennant le paiement d’une caution de 2 francs, il accompagne le client durant ses achats avant de retrouver son abri. Et parfois il accueille les fesses d’un enfant sur son siège intégré en plastique. Ça, c’est la routine d’un chariot normal. Une routine que le chariot du centre commercial du Lignon ne connaît pas.
Il suffit de se balader dans le quartier pour constater que les habitants se sont appropriés ces objets, spacieux, peu coûteux, voire même gratuits. Sur le pas des portes, dans les appartements, les garages ou dans le lit du Rhône, les caddies font partie du paysage. Servant de supports à grillades ou pour le transport du ciment sur les chantiers, ils sont ratiboisés, éparpillés, abandonnés, parfois retrouvés.
Qui paie? demanderez-vous. La Migros et la Coop, les deux grands supermarchés du centre commercial, financent l’achat des chariots - 300 francs pièce - afin d’offrir à la clientèle ces berlines à commissions si utiles. Ils règlent également l’entreprise mandatée pour ramasser les caddies deux fois par semaine dans le quartier, après que les concierges ont inspecté et vidé leur zone d’activité.
« C’est un vrai problème qui coûte 30'000 francs par année, se plaint Patrice Bösiger, président de l’association des commerçants du Lignon. Je crois qu’on peut parler d’incivilité. Vendredi après-midi, l’entreprise en a ramené 400 ! Bien souvent, il n’y en a plus le samedi matin déjà ». Et l’inquiétude est de voir la pratique se répandre aux autres quartiers de la commune. Aux Avanchets, l’appropriation abusive de caddies de supermarché serait en phase de développement intense.
Hormis les sommes déboursées pour rapatrier les caddies, les commerçants doivent également faire face au pillage des boitiers. Selon Patrice Bösiger, plus de la moitié des chariots en circulation ont été forcés à l’aide d’une lame et sont donc dépourvus de la pièce de 2 francs. Ceci lorsqu’ils ne disparaissent pas. Depuis vingt ans, on serait sans nouvelles de près de 400 chariots ayant un jour été logés au centre commercial du Lignon.
Seule une campagne d’éducation semble aujourd’hui envisageable pour éradiquer le fléau. Jadis, le retour des caddies se faisait naturellement lorsque les enfants du quartier écumaient les bâtiments en quête de la récompense qui se trouvait à l’intérieur. Patrice Bösiger regrette que les gamins ne se chargent plus de ramener ces chariots à leur place. « Ils se faisaient un peu d’argent de poche et ça nous arrangeait bien. Maintenant ils ne le font plus, c’est normal, il n’y a aucune pièce à l’intérieur».
Giuseppina quant à elle ne veut toujours pas entendre parler de déambulateur. Elle préfère mille fois utiliser le chariot du centre commercial et trouve là un moyen efficace de dissimuler son handicap. « Je peux m’appuyer dessus. Et les gens croient que je vais faire mes courses ».
Un chariot ça sert aussi comme: (vu ou entendu)
- déambulateur
- cache-pot
- support à barbecue
- distributeur de pièce de 2.- (à usage unique)
- caisse à outils
- défouloir lors d’un jet dans le Rhône
- skate-board
- poussette
- poubelle
- porte-poubelles
- … chariot
Elle n’aura donc jamais de déambulateur Giuseppina, 78 ans, quelques dizaines de kilos en trop, des chevilles aussi larges que des troncs et une peine folle à se déplacer. Elle préfère les chariots garés devant le centre commercial. Elle en prend un, s'en sert d'appui pour se déplacer. Puis le ramène, ou pas. Avant d'en retrouver d’autres au bas de son immeuble. Pour faire le chemin en sens inverse, peut-être.
Et pourtant, lorsqu’il sort de l’usine Wanzl en Alsace, le chariot est destiné à une vie débonnaire, faite de simples va-et-vient entre le parking et le supermarché. Moyennant le paiement d’une caution de 2 francs, il accompagne le client durant ses achats avant de retrouver son abri. Et parfois il accueille les fesses d’un enfant sur son siège intégré en plastique. Ça, c’est la routine d’un chariot normal. Une routine que le chariot du centre commercial du Lignon ne connaît pas.
Il suffit de se balader dans le quartier pour constater que les habitants se sont appropriés ces objets, spacieux, peu coûteux, voire même gratuits. Sur le pas des portes, dans les appartements, les garages ou dans le lit du Rhône, les caddies font partie du paysage. Servant de supports à grillades ou pour le transport du ciment sur les chantiers, ils sont ratiboisés, éparpillés, abandonnés, parfois retrouvés.
Qui paie? demanderez-vous. La Migros et la Coop, les deux grands supermarchés du centre commercial, financent l’achat des chariots - 300 francs pièce - afin d’offrir à la clientèle ces berlines à commissions si utiles. Ils règlent également l’entreprise mandatée pour ramasser les caddies deux fois par semaine dans le quartier, après que les concierges ont inspecté et vidé leur zone d’activité.
« C’est un vrai problème qui coûte 30'000 francs par année, se plaint Patrice Bösiger, président de l’association des commerçants du Lignon. Je crois qu’on peut parler d’incivilité. Vendredi après-midi, l’entreprise en a ramené 400 ! Bien souvent, il n’y en a plus le samedi matin déjà ». Et l’inquiétude est de voir la pratique se répandre aux autres quartiers de la commune. Aux Avanchets, l’appropriation abusive de caddies de supermarché serait en phase de développement intense.
Hormis les sommes déboursées pour rapatrier les caddies, les commerçants doivent également faire face au pillage des boitiers. Selon Patrice Bösiger, plus de la moitié des chariots en circulation ont été forcés à l’aide d’une lame et sont donc dépourvus de la pièce de 2 francs. Ceci lorsqu’ils ne disparaissent pas. Depuis vingt ans, on serait sans nouvelles de près de 400 chariots ayant un jour été logés au centre commercial du Lignon.
Seule une campagne d’éducation semble aujourd’hui envisageable pour éradiquer le fléau. Jadis, le retour des caddies se faisait naturellement lorsque les enfants du quartier écumaient les bâtiments en quête de la récompense qui se trouvait à l’intérieur. Patrice Bösiger regrette que les gamins ne se chargent plus de ramener ces chariots à leur place. « Ils se faisaient un peu d’argent de poche et ça nous arrangeait bien. Maintenant ils ne le font plus, c’est normal, il n’y a aucune pièce à l’intérieur».
Giuseppina quant à elle ne veut toujours pas entendre parler de déambulateur. Elle préfère mille fois utiliser le chariot du centre commercial et trouve là un moyen efficace de dissimuler son handicap. « Je peux m’appuyer dessus. Et les gens croient que je vais faire mes courses ».
Un chariot ça sert aussi comme: (vu ou entendu)
- déambulateur
- cache-pot
- support à barbecue
- distributeur de pièce de 2.- (à usage unique)
- caisse à outils
- défouloir lors d’un jet dans le Rhône
- skate-board
- poussette
- poubelle
- porte-poubelles
- … chariot
Mots-clés : Mars, Chariots, Caddies, Lignon
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Réactions des internautes
Lundi 21 Mars 2011, 19:20
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Mythique cette Giuseppina!Répondre -
Mercredi 6 Avril 2011, 00:15
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La vie mouvementés des caddies
Article très interessant pour moi car je viens de faire une proposition au centre commercial concernant cette problémaique ou comment créer de l'emploi et moins d'incivilités(je préfère dire plus de responsabilité!Répondre -
Samedi 9 Avril 2011, 16:43
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Banlieues
En France voisine, c'est à dire en Europe, existe une entreprise présente sur le web pour le développement des territoires et de l'emploi:Elle semble avoir une com très pro, logo classe et même son Facebook que vous atteignez en cliquant sur l'image, enfin, je le crois, car on ne peut pas prévisualiser le commentaire, il me semble.
url de secours: http://www.facebook.com/profile.php?id=100001296293349
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Mercredi 6 Juillet 2011, 17:29
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Ahahah j'adore! Il est génial ton article. "Le chariot della Migros" C'est mythique.Répondre -