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“La souris ne peut pas s’exprimer”

Jeudi 27/01/2011 | Post� par Richard Etienne

Le porte-parole de l’Union pétrolière suisse Philippe Cordonier est en colère

Je m’attendais à un gratte-ciel de trois-cents étages. Je tombe sur un petit appartement qui fait office de bureau, à Prilly, entre Renens et Lausanne. Le porte-parole de l’Union pétrolière suisse (UP) Philippe Cordonier, tout sourire, me souhaite la bienvenue.

L’UP est une association qui couvre l'économie pétrolière en Suisse, défend les intérêts de ses 27 membres, dont font partie de nombreux acteurs verniolans (comme BP, Cica, Eni, ESSO, Tamoil, Total, SAPPRO). Quand il me rappelle ce dernier point, je me réjouis presque. Je lui pose directement La question, en oubliant ce que le directeur de SAPPRO m’avait dit une semaine auparavant.


Peut-on dire que vous êtes le porte-parole des pétroliers de Vernier?

Non. Il n’en existe pas. Je peux donner des informations sur le marché du pétrole, sur l’activité générale du monde pétrolier, mais je ne peux pas me prononcer sur les activités propres de chaque compagnie. Je sais, c’est un problème car bien souvent ses représentants, quand on réussit à les trouver, ne souhaitent pas s’exprimer. Leur bureau se trouve souvent hors du canton de Genève. Le représentant de BP siège à Zoug, celui d’Esso à Zurich. A Genève, on trouve le directeur de Tamoil, près de l’aéroport, et celui de Total, à Vernier.

Encore raté. Mais pouvez-vous quand même me parler de l’éventuel déplacement des citernes souhaité par certains politiciens?

Si. Le canton de Genève souhaite liquider une zone de dépôt, le site de SASMA [celui qui est en face d’Ikea et à côté du Touring Club Suisse] sans dire où elle pourrait être délocalisée. La commune de Vernier propose un endroit mais le canton a déjà réservé ce terrain à d’autres fins. Il y a un litige.

Et les pétroliers là-dedans?

L’UP et les pétroliers sont comme pris entre ces deux feux, dans un jeu de ping-pong politique entre la commune de Vernier et le canton de Genève. Autrement dit, les pétroliers sont comme une souris avec laquelle deux chats (Vernier et Genève) jouent. Et la souris ne peut pas s’exprimer. Etonnant, car en vérité les sociétés qui exploitent ces dépôts sont soit les propriétaires du terrain, soit elles ont des droits de superficie à très long terme. En résumé, les politiciens jouent avec quelque chose qui ne leur appartient pas. Ils se chamaillent mais ils n’ont rien à dire, ce n’est pas chez eux. Dans un rapport du canton, certaines cartes proposent des scénarios de déplacement, comme si c’était ses propres terrains! C’est à se demander pour qui se prennent ces politiciens...

Ne pourraient-ils pas payer un déménagement aux propriétaires des sites?

Ils pourraient déjà leur parler. Je suis d’accord avec Jean-Pierre Passerat quand il dit qu’une grande table ronde devrait être organisée. C’est aux politiciens de l’organiser. Des solutions, il y en a sûrement, mais il n’est pas certain qu’elles soient raisonnables. Car déménager les citernes - et du coup le pipeline, les rails, etc. - coûterait des centaines de millions de francs. Je doute que l’Etat soit prêt à payer. Et les propriétaires n’ont aucune raison de débourser de telles sommes. Comprenez bien, dans les années 1960, quand elles ont été construites, c’était la campagne. Elles étaient donc là avant les autres, comme le garage AMAG ou les bureaux du TCS, construits dans la zone de sécurité des sites de dépôts. Il y a eu un certain laxisme de la part des autorités, un laxisme étonnant. Comment ont-elles pu accepter ces constructions? Ce n’est pas la faute des pétroliers.

Dossier: les pétroliers de Vernier
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Richard Etienne -

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