La campagne du MCG: une absence d'idéologie revendiquée
Lundi 07/03/2011 | Post� par Luca Di Stefano
Le discours est celui du ras-le-bol et certains annoncent une « razzia » populiste lors des élections de dimanche
Quelques heures avant de partir en campagne, Thierry Cerutti annonçait: « Ce sera un rouleau compresseur ». La campagne du MCG à Vernier est hors normes: plusieurs stands chaque samedi, devant les Coop, les Migros, sur les places, devant les boulangeries de quartier. « Imaginez qu’on présente 27 candidats cette année, c’est énorme quand on voit que les autres partis peinent à remplir leurs listes », se réjouit le Conseiller administratif.
« On était 33 au départ, mais certains ont dû se retirer. On avait même une top-model, une vraie. Dommage, niveau marketing c’était pas mal », explique Thierry Cerutti dans son bureau de la mairie. En 2007, pour sa première participation, la section verniolane avait récolté près de 30% des suffrages, propulsant le premier candidat du mouvement au sein d’un exécutif.
A l’approche des élections municipales du 13 mars, la section locale du MCG sort donc l’artillerie. Elle peut se le permettre au vu du nombre de ses candidats au législatif communal. En comparaison, les autres partis ont pour habitude d’occuper un stand chaque samedi et de se déplacer la semaine suivante.
Toboggans et postes de flics
Samedi, à l’heure du petit déjeuner aux Libellules, Laurent Jeanneret et sa compagne Joëlle Jungo tiennent le stand situé devant la boulangerie. Tous deux sont novices en politique et ont choisi le MCG parce que « c’est le seul parti qui bouge». Le candidat présage « une razzia » de sa formation aux élections et regrette la lente dégradation de ce petit quartier coincé entre les grands ensembles des Avanchets et du Lignon. Parfois décrit comme un paquebot social à la dérive, les Libellules « n’ont même pas un toboggan pour les enfants ». Laurent Jeanneret verrait bien un atelier de bricolage pour les jeunes. « C’est un poste de flics qu’il nous faut», rétorque sa compagne et camarade de parti.
Une sympathisante s’arrête au stand, elle vient de remplir le formulaire d’adhésion et arbore fièrement le pin’s aux couleurs genevoises. Hormis les candidats en campagne, les rues sont calmes, quasi-désertes. Où sont les gens ? « Ils font les courses chez LIDL, en France », ironise la nouvelle adhérente qui avoue traverser la frontière pour faire ses achats. N’est-ce pas paradoxal de s’opposer aux frontaliers et de consommer de l’autre côté de la frontière ? « Ah non, nous on leur donne du fric. Eux, ils viennent nous le prendre. Et comment voulez-vous que je vive avec les 1600 francs du RMCAS (revenu minimum cantonal d’aide sociale) ? ».
Si aucun projet clair n’émane des élus ou candidats MCG, le discours a bel et bien pris forme. La ritournelle trouve un large écho devant les épiceries de quartier et sur les parkings des supermarchés. Dans les bouches comme sur le matériel politique du MCG, les ras le bol s’enlacent : « chômage, parkings, hold-up, dealers, cambriolages, frontaliers, crise du logement, magouille : ASSEZ ».
Cet inventaire de doléances a pris place sur les vitrines de la boulangerie de Mohsin qui a mis sa terrasse à disposition des candidats du mouvement citoyen. Son commerce est, hormis un tabac, le seul des Libellules. Sur le comptoir, le « journal » du parti se mélange à la presse quotidienne. « Je fais partie du MCG, j’aime bien ce qu’ils font. La politique ne me lâche jamais », explique Mohammed Mohsin, le gérant originaire du Bangladesh. Il y a plus de vingt ans, dans son pays, il s’engageait déjà au sein d’un parti de résistance. Aujourd’hui il questionne : « les MCG, ils sont de droite ou de gauche ? ». Au silence de son interlocuteur, il répond : « Eh bien moi je suis comme eux. Je fais partie du MCG, j’aime bien ce qu’ils font », explique-t-il. Mais qu’a fait le parti exactement ? « Plein de choses », répond le commerçant. Plus concrètement? « Plein de choses ». On n’en saura pas plus.
A quelques centaines de mètres de là, coincé sous un escalator entre Balexert et le quartier des Avanchets, un candidat socialiste esseulé tente de monter stand et banderoles. « Les autres candidats ne vont pas tarder à arriver. La communication du MCG ? Ils sont forts oui, sur certains points qui touchent une partie de la population ».
Ici les slogans politiques peinent à attirer l’attention des passants, bien moins que les 110 commerces qu’offre le mastodonte de la consommation.
« On était 33 au départ, mais certains ont dû se retirer. On avait même une top-model, une vraie. Dommage, niveau marketing c’était pas mal », explique Thierry Cerutti dans son bureau de la mairie. En 2007, pour sa première participation, la section verniolane avait récolté près de 30% des suffrages, propulsant le premier candidat du mouvement au sein d’un exécutif.
A l’approche des élections municipales du 13 mars, la section locale du MCG sort donc l’artillerie. Elle peut se le permettre au vu du nombre de ses candidats au législatif communal. En comparaison, les autres partis ont pour habitude d’occuper un stand chaque samedi et de se déplacer la semaine suivante.
Toboggans et postes de flics
Samedi, à l’heure du petit déjeuner aux Libellules, Laurent Jeanneret et sa compagne Joëlle Jungo tiennent le stand situé devant la boulangerie. Tous deux sont novices en politique et ont choisi le MCG parce que « c’est le seul parti qui bouge». Le candidat présage « une razzia » de sa formation aux élections et regrette la lente dégradation de ce petit quartier coincé entre les grands ensembles des Avanchets et du Lignon. Parfois décrit comme un paquebot social à la dérive, les Libellules « n’ont même pas un toboggan pour les enfants ». Laurent Jeanneret verrait bien un atelier de bricolage pour les jeunes. « C’est un poste de flics qu’il nous faut», rétorque sa compagne et camarade de parti.
Une sympathisante s’arrête au stand, elle vient de remplir le formulaire d’adhésion et arbore fièrement le pin’s aux couleurs genevoises. Hormis les candidats en campagne, les rues sont calmes, quasi-désertes. Où sont les gens ? « Ils font les courses chez LIDL, en France », ironise la nouvelle adhérente qui avoue traverser la frontière pour faire ses achats. N’est-ce pas paradoxal de s’opposer aux frontaliers et de consommer de l’autre côté de la frontière ? « Ah non, nous on leur donne du fric. Eux, ils viennent nous le prendre. Et comment voulez-vous que je vive avec les 1600 francs du RMCAS (revenu minimum cantonal d’aide sociale) ? ».
Si aucun projet clair n’émane des élus ou candidats MCG, le discours a bel et bien pris forme. La ritournelle trouve un large écho devant les épiceries de quartier et sur les parkings des supermarchés. Dans les bouches comme sur le matériel politique du MCG, les ras le bol s’enlacent : « chômage, parkings, hold-up, dealers, cambriolages, frontaliers, crise du logement, magouille : ASSEZ ».
Cet inventaire de doléances a pris place sur les vitrines de la boulangerie de Mohsin qui a mis sa terrasse à disposition des candidats du mouvement citoyen. Son commerce est, hormis un tabac, le seul des Libellules. Sur le comptoir, le « journal » du parti se mélange à la presse quotidienne. « Je fais partie du MCG, j’aime bien ce qu’ils font. La politique ne me lâche jamais », explique Mohammed Mohsin, le gérant originaire du Bangladesh. Il y a plus de vingt ans, dans son pays, il s’engageait déjà au sein d’un parti de résistance. Aujourd’hui il questionne : « les MCG, ils sont de droite ou de gauche ? ». Au silence de son interlocuteur, il répond : « Eh bien moi je suis comme eux. Je fais partie du MCG, j’aime bien ce qu’ils font », explique-t-il. Mais qu’a fait le parti exactement ? « Plein de choses », répond le commerçant. Plus concrètement? « Plein de choses ». On n’en saura pas plus.
A quelques centaines de mètres de là, coincé sous un escalator entre Balexert et le quartier des Avanchets, un candidat socialiste esseulé tente de monter stand et banderoles. « Les autres candidats ne vont pas tarder à arriver. La communication du MCG ? Ils sont forts oui, sur certains points qui touchent une partie de la population ».
Ici les slogans politiques peinent à attirer l’attention des passants, bien moins que les 110 commerces qu’offre le mastodonte de la consommation.
Populisme assumé
C’est dans le quartier du Lignon – 6'000 habitants, environ 20% des habitants de la Commune - que la confrontation politique est la plus intense. A l’entrée du centre commercial, les partis jouent des coudes pour distribuer les tracts, ballons et tasses de café. Pendant que Thierry Cerutti, veste jaune flashy sur les épaules, s’active pour serrer des pognes, André Sotomayor, candidat MCG explique: « nous sommes toujours en campagne, c’est un service aux citoyens et à la clientèle ». Le mot est lâché. Sur le même emplacement, les Verts se sont présentés avec la quasi-totalité de leurs onze candidats. Yvan Rochat, Conseiller administratif écologiste, reconnaît que « le MCG va certainement progresser », puis tente d’analyser : « notre société se transforme, c’est déstabilisant. Alors le MCG exploite les réactions de nostalgie. Ils le font très bien, mais c’est du clientélisme et leur programme reste vague. Mais ma plus grande préoccupation demeure l’absence d’À gauche toute !».
Si la coalition de gauche réalisait près de 15% des voix en 2003, elle disparaîtra de la politique communale dès les prochaines élections, aucune liste n’ayant été déposée. « On peut le dire, il n’y a plus de gauche à Vernier ! », s’emporte Eric Dubath, ancien Conseiller municipal dépité. « Les responsables du parti ont complètement délaissé la commune. Vernier n’existe pas pour eux, le désintérêt est total. Et pourtant c’est la septième ville de Suisse romande.». Le MCG va-t-il récupérer l’électorat de la gauche ? « Le moins que l’on puisse dire, c’est que la stratégie du MCG est clairement populiste et ils ne vont pas se gêner de racoler de tous les côtés», s’emporte l’ancien élu de la gauche radicale.
Quelques jours plus tôt, en commentant la définition de Wikipedia - le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, critiquant les élites et prônant le recours au peuple - Thierry Cerutti lançait avec fierté: « Je revendique le terme de populisme. Nous on écoute les gens, c’est tout !». Une absence d’idéologie qu’il s’agit désormais d’afficher. « Regardez les Verts, ils veulent supprimer les routes. Mais c’est par simple dogmatisme anti-bagnole ».
Mots-clés : Mars, MCG, Campagne, Politique, Elections

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Réactions des internautes
Mardi 8 Mars 2011, 03:01
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c'est le raz de MARINE!
C'est le raz de MARINE aussi en Suisse et pourquoi?Les étrangers transforment Genève en ville du tiers monde!
Dangereuse et sale!
C'est une ville que je me refuse à accepter!
Et je ne veux pas que des étrangers tentent de m'expliquer que c'est mieux comme ça, parce que ce n'est pas mieux comme ça!
La violence, les voles, les agressions, les meurtres on en a marre et on le dit très fort!
STOP!
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