"L’artiste est celui qui se dit simplement vivant"
Mardi 26/07/2011 | Post� par SD
Biennale des Arts contemporain des Libellules: retour sur l'inauguration du White Cube, le 30 juin dernier
Septembre 2009. Le Vernier Bondy Blog est à peine né que l’art prolifère déjà dans les coursives de la barre des Libellules. Ça nous donne un peu le tournis et ça nous plaît. Joseph Beuys, Robert Filliou contemplent les habitants les contemplant. Une bannière visible de la grande artère toute proche proclame en lettres rouges sur fond blanc : "Espace d’arts contemporains." Et si dire, c’était faire ?
Après avoir intégré Les Libellules dans le Nycthémère, un parcours de 24 heures dans les espaces d’art indépendants genevois en avril 2010, Serge Boulaz et l’équipe du BAL ont donné le véritable coup d’envoi le 30 juin dernier de la 1ere édition de la Biennale d’art contemporains aux Libellules, qui se tiendra du 22 au 25 septembre 2011.
Un parterre d’officiels –Sami Kanaan, Conseiller administratif de la ville de Genève en charge de la culture et Michèle Freiburghaus, responsable du FMAC ont fait le déplacement : Serge Boulaz et Céline Mazzon ont reçu la Bourse pour médiateur en art contemporain 2010 octroyée par le FMAC (Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève)- se livre aux discours d’usage et lève souvent les yeux vers le ciel, immaculé ce jour-là, dans lequel brille une singulière maisonnette blanche juchée sur la petite butte avoisinante. Car c’est bien elle, l’attraction du jour. Pierre Ronget, membre du conseil administratif verniolan, en charge de la culture, s’essaie à quelques interprétations symboliques –Lesquelles ? Je ne sais plus : je ne prends pas de notes durant les discours officiels, mais je crois qu’il a évoqué pêle-mêle le Sacré-Cœur et le communisme- avant que Serge Boulaz, en charge du projet, ne nous éclaire sur cet "espace exigu destiné à des esprits plutôt ouverts."
Le White Cube, référence séminale, mais renversée, au projet de Jay Joplin et ses avatars, est une Maison du peuple, compris dans son acception la plus haute. Le 30 juin, l’artiste Angela Marzullo l’avait investie avec une installation de vidéos - dont une déambulation filmée sur toute la longueur de la barre des Libellules- réflexion sur le thème de l’enfance et de l’éducation. Mais l’espace s’offre avant tout aux habitants : "Nous proposons le vide, une denrée de plus en plus rare, à tout un chacun. Mais on n’y mettra pas n’importe quoi," précise Serge Boulaz. Et l’invitation vaut pour tout le monde, "amateurs et professionnels, public-cible et public en dehors de la cible, artisan et mangeur de serpents, paresseux motivé ou timide habitant le quartier." Un seul mot d’ordre : "Nous allons créer." Ici pas besoin d’être bankable pour exposer ou être écouté.
L’idée au cœur du projet est "d’impliquer les citoyens dans le développement culturel de leur territoire." Serge Boulaz, aux confins de son expérience de travailleur social et de photographe, dessine ainsi une conception de l’art qui répond à la définition de John Cage : "L’art a estompé la différence entre l’art et la vie. Laissons maintenant la vie estomper la différence entre la vie et l’art." L’art comme médiation, comme pratique mettant en évidence la richesse des liens sociaux, la complexité et la diversité des échanges, les astuces du quotidien, une pratique qui rendrait "l’invisible social aussi réel que le visible." Une pratique artistique qui se pose dans la durée –Serge Boulaz évoque à plusieurs reprises la nécessité de l’immersion "dans la compréhension de l’autre et le partage d’une condition commune" selon les mots du sociologue Alain Touraine.
Il s’agit ici ni plus ni moins de repenser "les conditions de l’espace public et de l’autonomie sociale," de participer à la vie, à l’expérience partagée, car "l’artiste est celui qui se dit simplement vivant."
Le 30 juin a marqué le début d’un processus, avec comme symbole cette Maison du peuple, réceptacle de l’imagination et du bouillonnement d’un quartier en pleine renaissance, comme le souligne, optimiste et enthousiaste, Alexis Ongolo, président de l’Association du quartier et des habitant-e-s des Libellules (AQHL). Le Vernier Bondy Blog suivra de près cette aventure, d’une durée initiale de deux ans, qui se pose d’emblée comme un prolongement de son projet informationnel.
Mots-clés : BAL11, Art, Boulaz, Libellules
SD -
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Par bricoltrain