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L’approche sociale du Vernier sur Rock

Jeudi 12/05/2011 | Post� par Richard Etienne

Voici l’histoire d’une organisation qui permet depuis 27 ans à des jeunes désœuvrés de se former et de reprendre pied dans la vie quotidienne et professionnelle.

 “Le culturel n’est qu’un prétexte ou un outil de travail. Car la vocation du festival est sociale: réinsérer des jeunes en difficulté. Sans eux, le Vernier sur Rock (VsR) n’aurait jamais existé.” Ainsi parle Xavier Matas, ancien pilier du festival dont la 27e édition se tient dès aujourd’hui.
Le coordinateur social a travaillé pour le VsR de 1986 à 2001. Il se souvient des débuts, quand les nombreux centres de loisirs et autres maisons de quartier (MQ) de la commune (MQ d'Aïre le Lignon, Disco Bulle, MQ des Avanchets, Abarc, puis Alibi, Eclipse, Carambole) se sont réunis pour créer un festival. C’était en 1983. Jacques André Vuillet et Pierre Studer, animateurs sociaux, ont été les coordinateurs de la première heure. Très vite, d’autres animateurs les ont rejoints. Il s’agissait de former et d’occuper des jeunes en situation difficile pour les aider à reprendre pied dans la vie quotidienne et professionnelle. “On aurait pu construire un projet concernant le travail à la ferme, ce serait peut-être revenu au même”, dit Xavier Matas. Avant d’ajouter: “Sauf que la musique, c’est plus porteur.”

“Mener auprès des jeunes un travail de prévention, de socialisation et de responsabilisation fait partie des valeurs fondatrices du festival, confirme Vincent Roosens, actuel vice-président du VsR. Cette valeur sera toujours au centre de nos préoccupations.” Travail au bar, accueil des artistes, billetterie, entretien des locaux, son, lumière, sécurité, les petits jobs n’ont jamais manqué. “Environ 200 jeunes de 15 - 20 ans - surtout des Verniolans - sont formés via le VsR chaque année. “Soit environ 2500 pendant les deux premières décennies”, estime Xavier Matas. “Beaucoup ont trouvé un travail après coup.” Certains ont été engagés par des sociétés de sécurité. D’autres ont ouvert leur propre entreprise, que ce soit d’éclairage, de son ou de graphisme. “Et elles tournent.”

C’est qu’ils ont obtenu un certificat en travaillant pour le VsR, ce gage de qualité. “Le festival est au service d’artistes qui doivent gagner leur vie et il compte des partenaires importants, explique Xavier Matas. Les jeunes doivent être très professionnels, faute de quoi clients et sponsors s’en vont.”
Le social n'intéresse en général pas les sponsors, qui veulent que leur image s'accorde avec une manifestation reconue. Des responsables du VsR, spécialisés par secteur, forment et encadrent les jeunes. Ils enseignent rigueur, assiduité et professionnalisme.

Pas seulement durant les trois jours du festival. Le réservoir de jeunes s’est progressivement fait un nom. Il est depuis longtemps sollicité, et défrayé, par de nombreuses organisations, manifestations ou autres événements sur la place de Genève - que ce soit pour la fête de l’espoir, des pièces de théâtre, pour la sécurité, décharger des camions, à l’éclairage, sur scène. “A la fin des années 1980, une dizaine de manifestations faisaient appel à leur service, se souvient Xavier Matas. En 2001, elles étaient plus de 80.” Ce qui pour les coordinateurs sociaux en charge des jeunes représente plus de 200 jours de travail par an. Vernier sur Rock, constitué en association depuis 1997, exige de ses cadres un travail de chaque instant.

Et un défi permanent. “Nous sommes le premier festival à avoir renoncé au soutien des marques de cigarettes, en 1991. Ça ne collait pas avec la notion de prévention que les centres de loisir véhiculent à ce sujet, note Xaver Matas. C’était risqué car elles nous rapportaient de l’argent.” Des organismes de prévention les ont remplacées 
avantageusement: le CIPRET (prévention du tabagisme) et la FEGPA (prévention de l’alcoolisme). Vincent Roosens renchérit: “Nous avons rendu le festival gratuit en 2009. Les billets coûtaient 40 francs, trop cher pour de nombreux étudiants.” Le VsR sert également de tremplin pour les artistes locaux, en les intégrant dans ses concours. Les premières éditions ont offert aux vainqueurs la possibilité de s’enregistrer en studio. Des tournées romandes ont également été proposées.

Sponsors privés, commune de Vernier, Fondation genevoise pour l'animation socioculturelle, en subventionnant régulièrement l’association et/ou payant les salaires des coordinateurs, garantissent le succès du VsR, qui bénéfice également des aides ou contre parties d’autres organismes - services communaux, tarifs réduits de la Voirie, de certains hôtels logeant les artistes étrangers. Ce qui a permis de faire venir à Vernier de très grands noms comme Radiohead, Placebo, Alain Bashung, IAM, Skunk Anansie, Benabar, Dyonisos, Louis Bertignac, Texas, Mano Negra ou Sepultura. Une “prétexte culturel” impressionnant.

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Richard Etienne -

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Réactions des internautes

La pipelette du pipeline
Jeudi 12 Mai 2011, 09:52
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Transparence de VsR
 Et bien un bon article (à mes yeux) car VsR donne des explications transparentes sur le fonctionnement du festival et nous prouve ce  que peut l'insertion par la culture (pop), pour et par les jeunes.
Je ne l'imaginais pas, cela peut vraiment donner des idées, et montrer que le rock et les musiques actuelles en milieu (sub)urbain ne sont  pas un mauvais chemin rocailleux, c'est vraiment fantastique...iil faudrait vraiment faire connaître mieux cette réalité pour qu'on entende moins de propos anti-jeunes et anti-culture, dans les statistiques en économie il est dit que la part de la culture est importante dans le PIB, la musique n'est pas qu'un loisir, ce sont des métiers. 
Au sujet du PIB,  les nostalgiques à l'esprit chagrin  trouveront chez Jean de La Fontaine dans  'La cigale et la fourmi' des arguments contre moi. Les expats et autres arrivants d'ailleurs pourront même l'écouter en fichiers audio mal référencés, mais c'est bien et il y a un très joli accent canadien. 

Ce serait intéressant de savoir si des travaux de diplôme HES-social ou des travaux de sociologie ont été fait sur cette initiative ? 
Merci RE! 

PS. La fourmi aura de la peine cet été avec la sécheresse...c'est une tristesse... comme quoi le rock peut amener à étudier la sociologie, l'économie  et la psycho... entre autres. 


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La pipelette du pipeline
Jeudi 12 Mai 2011, 09:54
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Re: Transparence de VsR
 il reste quelques fautes d'ortho, mais bon ... je suis pressée ! 

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