Vernier Bondy Blog Dakar Bondy Blog Vernier Bondy Blog Lausanne Bondy Blog Business Bondy Blog Bondy Blog Lyon Bondy Blog Marseille Bondy Blog

In the making #2 : Une balade dans les Avanchets

Mercredi 27/01/2010 | Post� par SD

A la rencontre des Maisons de Quartier

Mardi 26 janvier. 16h00. Je retrouve Virginie, la TSHM, devant le local Carqueron. Au programme, une balade dans les Avanchets. La température est proche de zéro. La bise s’engouffre dans les couloirs et les traverses d’immeubles.
 
"Ca doit être vite fait le tour du quartier"
_Tu sais, si tu fais le tour complet, en passant vraiment partout, tu en as pour plus de deux heures."
Mystère des labyrinthes.

A un jet de pierre du local, nous débouchons devant l’imposant bloc de béton de Balexert. Sous celui-ci, enclavée, presque absorbée, se niche l'Eclipse.

Cette maison des jeunes se veut « un espace de prévention sain et ouvert à tous ceux qui désirent y retrouver un cadre amical pour y développer leurs envies ludiques, musicales, culturelles ou autres. » Ouverte en 1987, c’ "est la concrétisation d'un document intitulé Vivre jeune aux Avanchets, nourri par une réflexion conjointe de travailleurs sociaux du quartier et de jeunes, en 1983. Le thème en était : la nécessité de créer pour les jeunes des Avanchets un lieu de rencontre autre que la rue ou le bistro."


Nous sommes accueillis par trois ‘éducs’. Catherine s’occupe des jeunes de 12 à 17 ans depuis « pas mal d’années. » « Une mine d’or » selon Virginie. Je reviendrai sûrement discuter avec elle.

C’est l’heure de la sortie des classes. Des cris, des paroles et du mouvement que Catherine accueille avec bonhommie. Les ados se sentent vraiment chez eux. Ils entrent et sortent, commandent un sandwich, font une partie de ping-pong ou de babyfoot, s’affalent et discutent sur un canap’, chambrent Catherine et les autres travailleurs sociaux –leurs répliques malicieuses ne font pas attendre- ou font le pied de grue devant l’établissement.

Virginie serre quelques mains puis nous replongeons au cœur des Avanchets. Direction la Maison de Quartier

. Située près de l’école, elle est presque vide. Une petite dizaine de gamins tout au plus.



Sur le site de la Fondation genevoise pour l’animation culturelle (FASE), nous lisons ceci : « Le comité et les animateurs ont le mandat de veiller en priorité au bien-être des enfants et des jeunes en dehors des horaires scolaires dans un objectif de prévention. Depuis le mois d'octobre 2002, un nouveau secteur est venu se greffer à ceux déjà existants, c'est le secteur adulte. » Et : « Les Avanchets sont riches de diverses cultures et il s'y reflète un esprit familial. Dans le cadre de la maison de quartier, nous espérons rencontrer encore plus de personnes afin de favoriser les échanges et développer un esprit de solidarité parmi les habitants. »

 

De l’autre côté de la maison de quartier, on aperçoit une piscine couverte en pleine activité jouxtant une salle dans laquelle un petit orchestre s’exerce.

Nous longeons un terrain de football puis un terrain de jeux. Les rues sont résolument désertes. Pas de voitures. C’est un des points forts de l’agencement des Avanchets qui permet de déambuler sereinement et d’apprécier le silence. Mais de rares piétons. Il fait trop froid. Il faudra revenir aux beaux jours pour voir battre le cœur du quartier.

Nous traversons de petits squares. Certaines poubelles sont ornées de dessins d’enfants. Nous longeons les coursives d’immeubles. Je jette de furtifs regards vers le haut depuis que quelqu’un m’a dit que certains avaient l’habitude de tout balancer par les fenêtres. Mais les allées sont propres, peu de détritus. De nombreux bacs à recycler ponctuent notre parcours. Légende urbaine ?
Au loin, quelques jeunes sont regroupés au pied d’un immeuble. Virginie fait un détour. Ils se saluent très amicalement. Je serre quelques mains et me contente d’écouter. Le vrai dialogue s’entame dans la confiance. Les jeunes –entre 20 et 25 ans- demandent des nouvelles du local Carqueron.

 

"Il se passe quoi là-bas maintenant ? On peut toujours y aller ? C’est jusqu’à 25 ans, non ? Bon j’ai 25 ans, je peux ?"

 

L’un deux sollicite un RV parce qu’il a des « problèmes ».

 

_ C’est le jeudi pas de problème, passe-nous voir.

 

_Tu crois que l’on va me donner les bonnes réponses ?

 

L’un d’eux me demande si le « Maire Apothéloz » va bientôt passer dans le coin. Ce dernier lui avait promis quelque chose apparemment. Il attend des nouvelles.

_Tu peux aller le voir, il y a des
permanences citoyennes à la Mairie.
_Je préfère qu’il passe par là.
Les jeunes sont avenants, souriants, ouverts. Je leur parle du Bondy Blog, et plus précisément du VBB. Comme souvent, ils ne connaissent pas. Mais le projet les intéresse. On verra. En attendant, ils allument un énième spliff. Peut-être pour oublier le froid. « Il sont là toute la journée » me glisse Isabelle. Ou l’ennui.

Après ces presque deux heures de déambulation et de rencontres nous rejoignons le local. Isabelle doit prendre sa permanence. Nous passons devant un immeuble dont une partie est occupée par des personnes âgées ne nécessitant pas de soins lourds. Ici, elles peuvent bénéficier des prestations des services d'aide à domicile. Un peu plus loin, un petit chalet de bois semble échappé d’un marché de Noël. C’est en fait un genre d’épicerie volante. Les « aînés et personnes à mobilité réduite » du quartier peuvent y passer commande de leurs courses qui seront ensuite livrées à leur domicile. Une épicerie qui «facilite le quotidien des personnes qui se déplacent difficilement, recrée du lien social entre jeunes et aînés dans un quartier à la réputation difficile et fournit un petit job à plusieurs jeunes motivés et sérieux. » selon Thierry Apothéloz. (cité in le 20 minutes)

Nous revenons à notre point de départ comme par enchantement alors que je me croyais encore assez loin du local Carqueron. Magie des labyrinthes. Je n’ai pris que très peu de photos, vu le froid. Une autre balade s’imposera. Les Avanchets se prêtent à la flânerie.  

Mots-clés :

SD -

Commenter l'article   /   Share Partager l'article