Du racisme ordinaire en liberté (d’expression)
Lundi 12/10/2009 | Post� par SD
Retour sur une semaine mouvementée
I love the country but I can't stand the sceneLeonard Cohen
« Racisme ordinaire ». Un oxymore ? Ça ne l’a jamais été. Encore moins cette semaine, en Suisse, et ailleurs.
Lundi : propagande ouvertement raciste sur une moitié de page de la Tribune de Genève. Soli Pardo, le président de l’UDC Genève, avait préparé le terrain sur son blogue, hébergé par La Tribune lui aussi, le 1er octobre[1].
Au nom de la liberté d’expression, la rédaction du journal se justifie (voir à ce sujet le billet de Guillaume Henchoz[2]) et légitime la publication des phrases insultantes.
Un peu plus tard dans la semaine, une affiche de l’UDC[3], toujours elle, lance la campagne anti-minarets en Suisse –votation fédérale du 29 novembre prochain- et divise. Interdite à Lausanne, Montreux, Bâle-Ville, autorisée à Genève au nom de la liberté d’expression.
D’autres arguments viennent s’ajouter à celui devenu presque caduque -tant il est utilisé à tort et à travers- de la liberté d’expression. Interdire c’est renforcer « la position des initiants par la publicité que cela leur offrirait et le rôle de victimes qu’ils pourraient endosser[4] » Et les affiches sur l’espace public ? Et une moitie de page dans une grand quotidien ? Ce n’est pas de la publicité ?
Certes interdire n’est pas la panacée. Il faut expliquer, persuader, convaincre, mener une campagne de fond, responsabiliser l’électorat et j’en passe dans les bons sentiments. Certes Voltaire dira « "Je hais vos idées mais je me battrais jusqu'au bout pour que vous puissiez les exprimer." Mais St Just tempèrera : «Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »
Alors devant la banalisation du racisme et autres atteintes à la liberté[5] et à l’intégrité de personnes, il faut réagir. Alors oui, un journal se doit de choisir ce qu’il publie ou non, oui une ville se doit de choisir ce qu’elle met sur ses murs ou non.
Contre une époque où tout se vaut, où tout ce dit, où tout s’acquiesce dans la mollesse et l’infantilisation généralisés.
Les enfants ont besoin d’interdits, le saviez-vous ? Aujourd’hui plus qu’hier.
(Billet publié il y a quelques jours sur le site Mediapart.fr. Nous reviendrons sur les résultats des élections au Grand Conseil du Canton de Genève dans un prochain post)
[1] http://bit.ly/2PmYbP
[2] http://bit.ly/11dAbB
[3] http://bit.ly/47moA5
[4] http://bit.ly/1vVOoV
[5] Relire à ce sujet l’entretien entre Antoine Perraud et Robert Damien sur Mediapart http://bit.ly/J546r
Mots-clés : racisme, liberté d'expression
SD -
Commenter l'article


Par bricoltrain