Confidences
Jeudi 17/06/2010 | Post� par SD
Retour sur les déambulations sonores
Les bancs publics… Sur les bancs publics on s’asseyait à plusieurs pour regarder le temps qui passe. On s’asseyait pour écouter la vie couler. On s’asseyait pour… rien. On parlait, parlait pendant les longues heures de l’été. De tout, de rien.
Sur les bancs publics s’asseyaient aussi les amants qui se bécotaient. Trop souvent, je vois les bancs publics -quand ils ne sont pas vides- devenir la propriété temporaire d’âmes solitaires… Comme si nous n’étions pas assez seuls, tout le jour et tout le soir, devant nos écrans.
Parfois, tout à son trot compulsif, le solitaire urbain contemporain évite tout espace horizontal occupé. Et si d’aventure il parvient à briser le mur de son solipsisme pour s’asseoir prudemment près d’un autre, osera-t-il une conversation ? Juste un ‘bonjour’, peut-être, ‘fait beau aujourd’hui…’ Banalités gênées.
Le week-end dernier, j’ai eu de la chance. Aux Avanchets, j’ai parcouru les allées et les recoins de ce merveilleux dédale de béton multicolore. Il était certes un peu désert mais j’avais tout près de moi de nombreux compagnons. Ils me contaient, dans le creux de l’oreille, leur histoire : leurs amours, leur famille, leur quartier, leurs élans, leurs joies, leurs rages, leurs peines. Il y avait un facteur, une travailleuse sociale, des jeunes qui ont pris de l’âge et le rire des enfants. Avec ces inconnus, devenus si proches, j’ai pris mon temps. Je me suis assis, dans des écrins de verdure fleuris. Je les ai écouté. Je les ai imaginé en contemplant l’endroit qui les voit vivre, qui les a vu grandir. Les murs bruissaient des histoires de ses habitants, des liens tissés, défaits et renoués.
C’était le temps d’une déambulation terminée dans les bras confortables d’un canapé bavard et mélomane. Une invitation à la rencontre, à la flânerie et à l’écoute.
La prochaine fois, ne passez pas votre chemin devant les âmes solitaires. Elles vous feront voyager. Merci Karelle de nous le rappeler.
SD -
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Par Romuald