Christina Meissner, seule femme candidate à la Mairie de Vernier
Jeudi 07/04/2011 | Post� par Aude
La présidente de l'UDC verniolane est férue de gestion publique mais hérissée par le management technocratique.
9:30. Le rendez-vous matinal vous oblige à venir de la ville par le bas pour rejoindre Vernier-Village. On quitte les chantiers de Genève pour les périphéries mixtes où se côtoient locaux commerciaux, logements et zones industrielles urbanisées. Un pont, l’autoroute bondée, le bus longe les fameuses citernes de Vernier. On aime leur tourner le dos. On remonte alors dans Vernier-Village. A pied, il faut traverser la place de la Mairie pour rejoindre la candidate UDC au Conseil administratif de la commune Christina Meissner.Le cadre est idyllique et champêtre mais le calme n'est qu'apparent: les affiches électorales déchirées nous le rappellent. Les convictions éclatantes de la droite populiste sont illisibles et invisibles. On sait aussi que la Mairie si paisible ce matin cache quelques combats mais les pelouses impeccables, les itinéraires piétonniers où cheminent quelques pères et mères et leurs bambins joyeux ajoutent au charme qui émane de vieilles granges, fontaines ou commerces de proximité de ce premier printemps à peine brumeux. Serions-nous dans un écrin de verdure?
Je poursuis mon élue devant la Coop et le bar lui aussi bondé, nous remontons la rue du Village, vers le restaurant du Vieux-Vernier et nous nous asseyons pour deux généreuses heures à la table d’une boulangerie traditionnelle car la faim tenaille Mme Meissner. L’élue au conseil municipal, qui représente aussi Vernier au Grand Conseil de Genève apprécie l’ambiance villageoise. Elle sort de plusieurs jours de travail acharné pour la défense des quartiers de villas. “Une ville verticale entouré d'un écrin de verdure”, seule voie possible pour préserver la qualité de vie des communes suburbaines, selon elle, attestant par ce slogan de sa charge de secrétaire générale de l'association Pic-Vert. Cette rue du Village semble bien loin des soucis des habitants des cités HLM du Lignon ou des Avanchets et des citernes auxquelles j’ai tourné le dos vers 9h.
Entre croissant et café, elle mêle à ses convictions politiques des apartés tout personnels et l'échange se fait humain. "Toutes les tendances se retrouvent à l'UDC", me dit-elle. Et ajoutera plus tard: "J'y suis car je suis pour la démocratie directe et contre l’adhésion de la Suisse à l'Europe." Cette croyance et cette vérité d’une Suisse profonde qui se démarque du grand territoire européen n’étonneront pas de la part de cette candidate. Mme Meissner se fait plus modeste quant à de futurs projets pour la mairie. Oui, modeste, elle l'est assurément. Dans cette course, elle semble vouloir faire peu d’ombre au MCG et à son bouillonnant conseiller administratif Thierry Cerutti. Elle est une gestionnaire de projets publics et associatifs aguerrie. Elle a déjà dirigé des équipes et affronté avec succès des problèmes complexes, dit-elle, mais avoue qu'aborder les multiples tâches liées au quotidien d'une mairie resterait un enjeu de taille.
Cette réserve (une qualité féminine ?) détonne face au marketing politique fracassant et ressassé par d'autres candidats verniolans. Début 2011, dans un style moins retenu visant à renforcer des objectifs sécuritaires, Mme Meissner et l'UDC communale avaient dénoncé les risques de catastrophe liés au simple manque d'eau en cas d'incendie dans les citernes de la commune. Décidément la gestion publique reste bien incompréhensible au simple électeur qui, si on lui demandait son avis aurait, on imagine, mis cette priorité depuis longtemps dans l’agenda communal.
Le parcours de Mme Christina Meissner reflète son engagement intense et polymorphe: dix ans de projets associatifs, suivis de dix ans de travail au Département du territoire aux côtés du conseiller d'Etat vert Robert Cramer l’ont conduite à se mettre directement au service du citoyen par le biais de la politique, commente-t-elle.
Quel est son programme? Elle se montre soucieuse du public lorsque nous attaquons les problèmes de l'accès aux services de proximité ou de santé publique parfois (très) déficients, trouve-t-elle. La gestion technocratique oublie complètement le côté humain, dit-elle. Elle argumente que des problèmes humain ne peuvent se résoudre par des objectifs uniquement mesurables et ajoute: “Il faut faire preuve de bon sens, d’écoute et ne pas négliger la dimension émotionnelle.” C'est un des problèmes de la gestion publique car la douleur morale s’inscrit difficilement dans des objectifs mesurables et quantifiables lorsque je parle des flux et des ratios utilisés par les hôpitaux dans la “gestion” des patients.
Notre candidate se lance dans un plaidoyer pour une politique de la famille “plutôt conservatrice”, admet-elle. "Les femmes devraient élever elles-mêmes leurs enfants au moins au début, la crèche n'est pas la solution à tout. Nous sommes allés trop loin. J’ai choisi de me consacrer à ma carrière (et de contribuer aussi directement à la décroissance). Je n'ai donc pas eu d'enfants." A la question de la liberté des femmes, elle oppose l'idée libérale de la responsabilité individuelle, ajoutant encore qu'il est inadmissible que des familles se reposent uniquement sur l'aide sociale.
A court d’arguments, nous dévions sur l’environnement. Comme spécialiste des projets de territoire pour les contrats de rivières transfrontaliers, la protection des vergers, habitat de la très menacée chouette chevêche et aujourd'hui du hérisson, sa créativité et sa réussite sont indéniables. Bonne démocrate, elle s’insurge finalement contre les abstentionnistes - “une porte ouverte à la dictature” - tout en admettant que les pouvoirs publics et les services nous poussent parfois au découragement. Quant aux projets nationaux ou internationaux de l’UDC, nous n’en aurons jamais parlé, nous sommes restés dans l’écrin de verdure.
17 avril 2011: portraits des candidats à l'élection au Conseil administratif
Mots-clés : vernier, politique, élection, portrait
Aude -
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Réactions des internautes
Jeudi 7 Avril 2011, 09:04
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Le pauvre hérisson
Si s'agit du dénommé Renaud, il est peut-être mort, comme le rappelle cette triste histoire relatée par Christina Meissner sur son blog hebergé par la Tribune.Répondre -