“Avant de nous faire partir, considérez les obstacles financiers”
Dimanche 30/01/2011 | Post� par Richard Etienne
Jurg Hornisberger, manager marketing de Tamoil en Suisse, est ouvert à la discussion, malgré tout…
Cointrin, immeuble du World Trade Center, vitres teintées, quatrième étage. On est déjà plus proche de l’image traditionnelle que l’on se fait du milieu des pétroliers (cf. interview de Philipe Cordonier). Il faut dire qu’avec un chiffre d’affaires de 2,703 milliards de francs réalisé en 2009, Tamoil (Suisse) S.A. occupe la première place parmi les compagnies pétrolières actives sur le marché helvétique. Son manager en marketing, Jurg Hornisberger, m’emmène dans un bureau avec vue sur le tarmac de l’aéroport. Une secrétaire me sert un café. La discussion commence.Tamoil est donc propriétaire de deux sites de dépôts à Vernier...
Tamoil est copropriétaire du site de SASMA (avec deux autres actionnaires: CICA et AirTotal, une filiale de Total), sur lequel on a des activités commerciales: on vend du diesel et de l’huile de chauffage. Tamoil possède aussi le site de Stockor, sans activités commerciales: il sert au stock obligatoire. [La Suisse est obligée d’entreposer des réserves de l'ordre de 90 jours d'importations nettes (cf billet n°3)].
Et certains politiciens souhaitent déplacer vos citernes, celles de SASMA...
Il y a un problème majeur: le financement. Déplacer ces citernes coûterait des dizaines et des dizaines, sinon des centaines de millions de francs. Qui va payer ça? L’Etat? Pas nous en tout cas, car nos droits de superficie de SASMA échoient en 2032 avec une option pour les prolonger de trente ans (et Tamoil est le propriétaire terrien du site de Stockor). Nous faire partir équivaudrait à une expropriation et il n’y a aucune raison de nous exproprier. On est d’accord de discuter, mais les discussions que nous avons eues avec les autorités sont restées très basiques.
Sont-elles venues vous parler?
A peine. Une table ronde a été organisée en avril 2003, après la publication d’un rapport confidentiel du Conseil d’Etat contenant des propositions théoriques pour nous délocaliser. Il y avait des représentants du Département de l'Aménagement, de l'Équipement et du Logement (DAEL), des représentants de la commune de Vernier, des pétroliers, et des SIG. Les approches sont restées très basiques: nous avons proposé aux autorités politiques de considérer les problèmes financiers dans un premier temps. Si ce problème est résolu, alors nous sommes prêts à discuter. Elles ont préféré regarder ce qu’on peut faire d’abord, ce qui ne m’a pas semblé logique. Tout cela paraît bancal: en ce qui concerne les financements, une approche envisagée par les autorités - que je qualifierais sinon de “douteuse”, en tout cas de “questionnable” - fut de faire payer l’éventuel déplacement des citernes aux promoteurs qui récupéreront le terrain. Je doute fort qu’ils accepteront d’en payer le prix. Aujourd’hui, le scénario semble se répéter, alors que le canton a de nouveau mandaté des entreprises pour étudier le déplacement de nos sites. Il s’agirait cette fois de concentrer les citernes non plus sur cinq mais sur deux sites, plus grands.
Je vous sens en colère...
Ce que je trouve gênant, c’est cette chasse aux sorcières contre les dépôts, et l’exploitation politique que certains politiciens en font [il pointe du doigt une photo du conseiller administratif de Vernier Yvan Rochat]. Les gens vont tous en voiture chez Ikea mais ils ne se rendent pas compte qu’il faut stocker le pétrole pour approvisionner les stations service. Le développement urbain de la commune, ce n’est pas nous qui l’avons créé. Vernier était un pré quand les citernes ont été construites. Messieurs les urbanistes, vous ne pouvez pas nous jeter comme des vieux kleenex, il fallait vous réveiller avant.
Dossier: les pétroliers de Vernier
Mots-clés : citerne, vernier, pétrole
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Réactions des internautes
Lundi 31 Janvier 2011, 13:52
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Oui, la discussion est nécessaire
L'UDC dans son inititative communale demande à terme la fermeture du site Sasma, de rationnaliser le stockage et une "requalification" du site de Blandonnet. Mais avant tout, comme relevé dans ce même blog hier, une table ronde est nécessaire réunissant tous acteurs (propriétaires et collectivités publiques) car c'est par la collaboration qu'une vision pourra se dégager sur ce qui peut être entrepris, par qui et à quel coût.Parlons-en !
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